Louise Michel, La Commune, Histoire et souvenirs par Stéphane Bérard

Les Célébrations

Louise Michel, La Commune, Histoire et souvenirs par Stéphane Bérard

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De Louise Michel, il y a des places et des squares. Moins que pour Thiers (Adolphe déjà) mais il y a un livre : La Commune, Histoire et souvenirs. A la page quatre-vingt dix-neuf on peut y lire : "Le gouvernement jurant toujours qu'il ne se rendrait jamais, essaya de faire rentrer dans le silence les comités de vigilance, les chambres fédérales, les clubs ; alors tout devint club, la rue fut tribune, les pavés se soulevaient d'eux-mêmes."

Cette phrase prise au hasard chez le libraire me fit claquer les douze euros nécessaires à la chose. Douze bêtes euros transsubstantiés en une fin de phrase évoquant cette magnificence qu'est la supraconduction...

Plus tard encore je découvrirai un projet d'album entier, avec forces mouvements sinon un long-long-long morceau attrapé à la volée par : "Une nuit que les camarades avaient voulu que j'allasse me reposer, je vis près de la barricade une église protestante abandonnée dont l'orgue n'avait que deux ou trois notes cassées; j'étais en train de m'y amuser de tout mon cœur quand apparut tout à coup un capitaine de fédérés avec trois ou quatre hommes furieux.

- comment, me dit-il, c'est vous qui attirez ainsi les obus sur la barricade; je venais pour faire fusilier celui qui répondait ainsi. Ainsi prit fin mon essai d'harmonie imitative de la danse des bombes."

L'autre soir, un cher ami, éditeur de Comités Invisibles me disait lui la beauté du souvenir qu'il avait du passage suivant : "Certains obus venaient par intervalles réguliers; on eût dit les coups d'une horloge de la mort. Par cette nuit claire, tout embaumée du parfum des fleurs, les marbres semblaient vivre. Plusieurs fois, nous étions allés en reconnaissance, l'obus régulier tombait toujours, les autres variaient. Je voulus y retourner seule. Cette fois, l'obus tombant près de moi, à travers les branches, me couvrit de fleurs, c'était près de la tombe de Mürger. La figure blanche jetant sur cette tombe des fleurs de marbre, faisait un effet charmant, j'y jetai une partie des miennes et l'autre, sur la tombe d'une amie, Madame Poulain, qui était sur mon chemin."

Louise passe à travers tellement de crépitements d'acier, fend le siècle, attrape froid, évidemment à Sisteron, [après pas mal de confs prononcées dans les Alpes], en janvier 1905.