Cavalier cheval par Emmanuel Laugier

Les Incitations

25 nov.
2015

Cavalier cheval par Emmanuel Laugier

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depuis Caravage d’Alain Cavalier (2015)

 

 

 

: l’aplat de gris cendré dans la cambrure suivie de la ligne de son dos

: est chiné feutré flanelle

: un homme encapuchonné très droit

: des bottes lassées serrées brillent

: la blondeur entoure

: aux jambes prises dans l’image le fuseau en mouvement

: cadré à hauteur des hanches

: aux flancs du cheval jusqu’en dessous l’image prise entière

: une fille aux cheveux ras

: l’odeur imaginable non-filmée que

: la puissance retournée à fleur de la surface

: la douceur des gestes et de la tête lovée

: la puissance musculaire remontée jusqu’à l’œil nervé

: la crainte et le nerf tressés

: font et donnent dans la sueur

: le bloc de puissance du pelage gris-cendre marron-sienne

: bourrelé des cicatrices où gonfle le pelage de douceur

: l’âne regarde

: l’homme cagoulé presque pivot autour de quoi regarde

: un anonymat en surface règle ses gestes

: l’homme guide au son de sa langue

: une infinie pudeur dans la dictée

: la force déployée se déploie en puissance pure

: la sauvagerie exerce

: est inéducable indélogeable malgré

: la conduction le trot impair la trajectoire les accélérations

: la pharmacie du cheval

: enlève l’infection du sabot fendu

: rogne l’ongle en gestes précis

: la chevelure crépue d’écorces d’orange tourne contre le col équin

: sous l’œil de la jeune femme blonde l’anus à la tresse nouée

: rond de cuir brillant serré

: la figure taillée taiseuse la tasse de thé l’écriture

: le sourire équin de ses dents rentrées

: compacité humide densifiée du crottin tombé frais aux pieds de la fille

: le fuseau où elles se gainent

: le puissant fil de pisse

: le relevé patient de la blessure

: la convalescence aux bruits de bouche

: brillance matifiée rentre dans le doux pelage de cendres

: elle frotte [IL] le tour de l’œil grand qui se ferme et s’ouvre

: la bordure noire velours de l’œil

: le cuir protecteur l’amande noire de la vulve entourent

: l'anse du couteau de sueur dans les mains

: une corde rase de juste tension

: l’endroit d’où filmer est monade enfantine cavalière

: chevaux l’entourent et lèchent le crâne

: son étiré tibétain à même la surface du pelage suit l’ossature

: col de l’accent violent où il tourne

: s’immobilise et tourne la moitié de son corps en S

: en vitesse incalculable

: le son venu de la force musculaire répand sa surface vers l’enregistrement

: le son du fond du cheval

: segmente l’enregistrement du plat

: rentre dedans un pliage de sons pas entendus

: écrire avec les gestes du couteau de sueur cela

: l’image délogée du cheval

: la corne cuivre tibétaine du son descendu dans le squelette

(…)

: cehval

: de lettres inversées du cheveu laissé à l’existence