John Giorno au Palais de Tokyo par Michaël Moretti

Les Incitations

15 déc.
2015

John Giorno au Palais de Tokyo par Michaël Moretti

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 Jour J pour John ou le tout-à-l’ego

 

    C’est dans une ambiance d’état d’urgence en pleine Cop 21 que je me faufile dans ce foutoir qu’est devenu le Palais de Tokyo, avec ses murs décharnés jusqu’au béton brut de pseudo squat, réservant toutefois une salle pour soirée privée VIP – un scandale, qui n’a l’air d’étonner personne, pour un musée public.

 

John & me

   Comme ici le nombril trône, profitons. John Giorno, j’avais lu avant lui, dans la même fournée, à Expoésie en 2006 à Périgueux (Hervé Bruno, Féroce Marquise) : la poésie faite corps avec passation d’énergie même si nous ne comprenions rien, en absence de traduction, malgré son élocution claire et douce. Je lui avais demandé comment prononcer « Joseph Paul Jernigan », un texte répétitif contre la peine de mort au Pays sans nom, sur un condamné à mort tranché et scanné millimètre par millimètre pour servir de modèle numérique pour un CD–ROM éducatif d’anatomie humaine, « Visible man », à partir d’un reportage glaçant sur Arte. J’avais dû assurer mes arrières auprès du sympathique fauve au sourire carnassier pliant son visage de lune avec force fossette et nez à la Cæsar d'une famille basilicate du XIVe siècle.

 

Intentions

 

   « John est le symbole d'une époque, un court moment dans les années 60 où une communauté d'artistes, de danseurs, de poètes a travaillé ensemble à créer la culture américaine moderne, résume Rondinone. C'est l'un de ses derniers représentants. » Pour John, le dernier, c'est plutôt Patti.

 

    Rondinone décrit sa scénographie : « J'ai imaginé l'exposition en 8 chapitres qui représentent chacun une facette de l'œuvre foisonnante de John Giorno. L'ensemble reflète son processus de travail et permet de comprendre la double influence de la culture américaine et du bouddhisme sur sa vie et son art ».

 

Marketing John

 

    L’accueil de l’expo commence par un cliché : le I love NY de Milton Glaser détourné en I love John Giorno en rouge par Scott King. Ce kitsch m’énerve d’emblée. Disons que l’amoureux plasticien et vidéaste Ugo a créé en 4 ans un mausolée éphémère, le Taj mâle. En sont-ils à vendre un t-shirt en produit dérivé avec cette phrase éculée et vide au temps du marketing omniprésent, répété par Andy, l’un des plus grands fumistes du XXe siècle (« Andy était un habile politicien », J. Giorno dans Sleeptalking, Pierre Huygue, 1998), objet d’une exposition en face au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris ? Une charmante fille en rollers me distribue le violet God is man made (2013, 14’), évidemment non traduit, qui fut notamment performé par JG au vernissage de l’expo John Giorno en avril 2015 au Flux Laboratory  (Carouge, Genève, Suisse). Ici, c’est la réactivation, dans le cadre du Festival d’Automne, de la performance Street works (1969).

 

Rentrer dans la ronde des mots

 

   La première salle immersive est un hommage de l’excellent artiste suisse Ugo Rondinone : dans l’installation vidéo, toujours soignée, tournée en gros plans, plans épaule, américains ou larges en écrans diffractés, au théâtre du Palais des Glaces en 2011, John, chat noir chat blanc, fardé et accoutré d’un smoking 27 fois noir ou blanc, pieds nus, tel l’étrange et terrifiant Al dans Lost highway (D. Lynch, 1997), éclairés par une poursuite, « danse sur place » (selon l’expression du regretté Bernard Heidsieck, son ami et facilitateur en France) son texte aigre-doux écrit en 2006 pour ses 70 ans, Thanx 4 nothing (Merci pour rien). Lola Montès prend le pouvoir : amour (« Bob, Jasper, Ugo »), sensualité et sexualité, drogue, liberté jusqu'au suicide, consommation jusqu'au poison, glas des rêves perdus, amis disparus, amitiés trahies, mauvais sentiments dissipés par le temps qui passe (« Amérique, merci pour le manque d’égards »). Magnifique exercice d’admiration de l’amant, sans omettre ce « merci d’exploiter mon ego énorme » par trop présent. Un journal de traductions peut être pioché par le visiteur à l'entrée.

 

John (Giorno) chez Jorge (Borgès)

 

   La salle suivante, que même un nyctalope ne peut trouver, est une section archives. L « exposition visuelle », l’ « installation monumentale », The archive of John Giorno (1936-2015) (Ugo Rondinone, 2015) se compose de 11 751, selon les syndicats, à 15 147 documents, selon la police, sous forme de feuilles plastifiées de papier de format A4 en fac-similés réunies dans de grands classeurs.

 

   Très jeune, Giorno voulait être poète. « Mais bien sûr, on te soutiendra ! » répondirent sa modiste de mère et son père intellectuel qui lui permirent de vivre comme il l'entendait. « Ils avaient cette naïveté propre à la seconde génération d'immigrés italiens qui pensaient que leurs enfants pouvaient devenir président. Alors, imaginez, poète... » Si les références homosexuelles étaient Gide et Genet, les écrits de Jack Kerouac étaient « le miroir de [ses] aspirations », la lecture de Howl, cri libertaire d'Allen Ginsberg contre la bienséance puritaine, fut un tel choc à sa sortie en 1956 qu’il s'orienta derechef vers la poésie d'avant-garde en abandonnant l'« objectif corrélatif » de T. S. Eliot et la New York school of poetry. Une question me trotte dans la chambre de discernement : et si John Giorno était un sous Ginsberg tant leur parcours sont identiques (études universitaires, contre-culture, engagement, oralité, musique - Dylan d’un côté, le punk rock John Giorno Band de l’autre, homosexualité combattive, l’amant Burroughs, le bouddhisme dont la création et la direction d'un centre bouddhiste tibétain) ? La contribution de Daniel Kane («"Pourquoi est-ce si ennuyeux ?" : John Giorno, le Pornographic Poem et les inepties de l'Ecole de New York de poésie ») dans le remarquable catalogue est éclairante : alors que l'ouvrage de Ginsberg était une alternative radicale au maniérisme de Frank O'Hara, poète Camp à abattre selon Giorno (« Avec la mort de Frank O'Hara, l'Ecole de New York de poésie a pratiquement disparu, avec ses marchandages et sa stupide écriture poétique », lettre de Giorno à Burroughs), le « Pornographic Poem rejette le style grandiloquent d'Allen Ginsberg, qui insistait pour élever la sexualité gay au rang de sacrement ». Cependant, la récente production de Giorno rejoint la révélation mystique de Ginsberg.

 

   Trop d’info tue l’info pour le maniaque de l’archivistique depuis 1965, battant Yves Bonnefoy dans le domaine : déglingue, création, famille ; coupures du New York Times et autres feuilles de choux (« Ce concept de magazine littéraire est arrivé à ce moment-là [début des années 1960] […]. La version élémentaire en était le magazine imprimé au miméographe (ou duplicateur à pochoir) »), programmes de rencontres de poésie, de performances (Tanger, Polyphonix, etc.) ; couvertures de Gay Sunshine, « le journal de la libération gay » ; ephemera, flyers de levée de fonds pour son maître tibétain, photos de lui en polo blanc, de lui au Chelsea Hotel shooté par Burroughs ; de lui avec sa mère en vacances à Atlantic City, photos des voisins, de voyages, de vie mondaine, lui, encore lui, toujours lui.

 

   Le tout est encadré de poèmes visuels en couleurs de John Giorno, entre Lawrence Weiner et Ben, tapissés sur les murs : les premières sérigraphies militantes des années 60 et 70 (A Youth winces, Un jeune grimace ; Black cock, Pine noire , Buddhas and Bodhidattvas, etc.), la série Welcoming the flowers (Accueillir les fleurs, 2006) ainsi que les récents Rainbows paintings, très gay friendly (le célèbre Life is a killer, La vie est une tueuse ou La vie est une tuerie, 1989, sur fond arc-en-ciel ; un facile Just do it)  dans une ambiance colorée pas du meilleur goût. Le mécanisme qui amène à cette pratique est intéressant : « Lorsque vous les interprétez, vous voyez quels vers illuminent le public. Et là, vous vous dites : "Oh, ça, ça va fonctionner en peinture"». Mais il s'agit plus de « poèmes slogans » (Marcus Boon), proche du Flag de Jasper Johns, que de poésie visuelle ou concrète.

 

Andy à tout-va

 

   Après des études à Columbia, JG devient agent de change à Wall street. Là, il rencontre Andy lors de sa première exposition personnelle à la Stable Gallery de New York après un vernissage le jour d’Halloween en 1962 pour la première expo pop à la Sidney Janis Gallery. Le « pédé radical » (Qui est John Giorno ?, Ugo Rondinone, 2015) décrit la grande perche de publicitaire à perruque : « Andy aimait uniquement faire des pompiers et encore occasionnellement. […] Mais Andy était simplement difficile. Et ses pompiers n’avaient rien de bien formidable […] Surtout quand tu manques de pratique (rires) […] La chose intéressante que tout le monde ignore, c’est que Andy avait un corps magnifique et une grosse queue » (interview de John Giorno par Rob Pruitt). De quoi vous casser un mythe ! Voilà qui augure en tout cas de la rédaction actuelle des mémoires de Giorno.

 

   John sera le héros mondialement connu du premier long métrage d’Andy, Sleep (1963) selon le principe bazinien de l’ « impassibilité de l’objectif » (L’ontologie de l’image photographique, 1948), piniolade comprise. Voici donc le film de plus de 5 heures, avec un montage donnant l'illusion d'un long plan-séquence, de son amant endormi. En résonance au concert de John Cage en septembre 1963, la première dudit film au Gramercy Arts Theatre était agrémentée par Warhol d’une diffusion des Vexations (1893) d’Erik Satie. Cette double peine nous est ici infligée. Plus loin, dans Sleeptalking (1998), une vidéo du plasticien et vidéaste français Pierre Huygue, Giorno dort avec le même cadrage avec beaucoup d’années de décalage. Il raconte le contexte de création de Sleep sans oublier au passage : « En 1964 […] Andy Warhol s’est débarrassé de moi. Vous avez entendu parler de la manière dont Andy Warhol laissait tomber les gens quand il lui semblait qu’il ne pouvait plus rien obtenir d’eux ? ».

 

   Dans ses premiers courts métrages, d’environ 4 minutes et sans titres, «  Andy le Warhola au nez rouge » filmait déjà John allongé lors de fêtes ou week-ends amicaux, notamment en été 1963 dans la retraite rurale et rustique d’Old Lyne (Connecticut) avec E. Ward, la galeriste de Warhol, et son ami peintre W. Chamberlin. Comme dans un Brakhage, John, surexposé, s’étend à poil dans le hamac. Dans un autre film de 16mm en noir et blanc de la même année (4’’30), John, nu et décomplexé, nettoie le matin les plats de la cuisine d’un repas arrosé de la veille. Passionnant et décisif pour l'histoire de l'art ! Dans ses Screen Tests (1964-66), Warhol creuse le portrait : statique, muet, noir et blanc, ni narration ni action. Dire que ce sont ses longs métrages underground qui furent la cause de leur rupture. Bref, John sous toutes les coutures.

 

Du Pop au Beat

 

   Giorno passe du Pop art, avec l’utilisation de l’ « image trouvée » (« found images »), dans les journaux ou ailleurs, par Bob Rauschenberg, Jasper Johns ou Andy, à la Beat generation (Allen Ginsberg et Jack Kerouac en 1958, William Burroughs en 1965, Gregory Corso, etc.) avec le cut-up et les poèmes permutés (delay, feedback) de Brion Gysin dès Subway sound (1965), le « dialogue précognitif » de Burroughs. La transition semble fructueuse : « mis à part l’art et leur carrière, Andy et les artistes pop ne s’intéressaient à rien. William s’intéressait à la politique ». Ils vécurent donc dans le Bowery, ancien quartier crasseux devenu tendance, dans un immeuble qui fut occupé par un Y.M.C.A., lieu de drague homosexuelle, par un marchand de meuble, par Fernand Léger en exil. Burroughs vivait au sous-sol, le « Bunker », avec une fenêtre … condamnée, entouré d’une machine à calculer Burroughs, une machine à écrire, des peintures, son arme et des cibles de tirs dans l'ancien gymnase. Le grand Bill disait : « John Giorno élève les questions au niveau presque insupportable d’un cri de reconnaissance surprise. Ses litanies issues des couches souterraines de l’esprit se réverbèrent dans votre crâne et ventriloquent vos propres pensées ». Dans le « Bunker », le défilé des rock stars, comme Patti Smith, David Bowie, Iggy Pop, était fréquent. C'est là, encore, que Mark Rothko a peint ses Seagram Murals.

 

Téléphone poésie

 

   Une salle très réussie plastiquement : les apophtegmes noirs et gris de John (Just say no to family values, Dites simplement non aux valeurs familiales ; Everyone is a complete disappoinment, Chacun est une déception totale ; Don’t wait everything, N’attendez rien) avec des téléphones à cadran mobile en bakélite noir aux quatre côtés. Après Dial M of Murder (« Le crime était presque parfait », A. Hitchcock, 1954) en 3D, Dial-a-poem, avec une majorité de poésie politique radicale (Diane di Prima par exemple, auteur des Revolutionnary letters offrant le mode d’emploi de la fabrication du cocktail Molotov), était un service téléphonique qui proposait en 1968 des poèmes lus par leurs auteurs aux personnes qui composaient un numéro, en même temps que la diffusion des Basketball diaries de Jim Carroll. C'est après une très ennuyeuse conversation téléphonique, raconte Giorno, que lui est venue l'idée du vaste projet alors que la poésie avait 50 ans de retard. « J'avais anticipé un phénomène, celui de la publicité au téléphone. Vous faites un numéro, et vous avez au bout votre horoscope, du sexe ou les cours de la Bourse » explique-t-il. Une nouvelle relation poète-public, avec un texte sorti de la page, était née, principal apport de Giorno. Des disques Fluxus à Ubuweb (Kenneth Goldsmith), en passant par la revue (Henri Chopin) ou Dock(s) (Blaine/Akenaton), la lignée est fructueuse. Bien qu’un téléphone soit en panne, je suis tombé sur les canadiens déjantés de Four horsemen, pionniers du Language poetry. Un partenariat avec nos amis Orange permet d’écouter Nathalie Quintane, Stéphane Bérard, etc. pour la partie française en composant le 0800 106 106. Le succès fut tel qu’il édita rapidement des disques vinyl dans la série Dial-a-poem.

 

Bouddha open bar

 

   Sensibilisé dès ses études à Columbia, Giorno a versé depuis les années 70 dans le bouddhisme tibétain tendance nyingmapa, remontant à Padmasambhava. Diverses peintures et sculptures tibétaines du XIIIe au XIXe siècles proviennent du voisin Musée national des arts asiatiques - Guimet. Le moulage de la cheminée du « Bunker » à taille réelle (Still.life (John's fireplace), Rondinone, 2007), coulée dans le bronze et peinte de façon réaliste, devant laquelle se recueille maîtres et disciples bouddhistes pour la cérémonie traditionnelle du feu, fait face à l'autel de Giorno orné de brocart de Bénarès. « De manière générale, on peut considérer le poème comme un mandala, en ce qu'en son centre, en tout concept, se trouve l'esprit du Bouddha, et ce qui l'entoure forme son mandala, son palais » explicite Giorno, proche de Düdjom Rinpoché, qu'il a accueilli chaque année dans son loft du Bowery. L'utilisation de colonnes (Balling Buddha, Cancer in my left ball, Grasping at emptiness, etc.), de double vers ou de répétitions (« orientations dans le temps » Burroughs, boucles ou loops sur magnétophone comme Max Neuhaus et Steve Reich), de l'aléatoire peut être inspirée de sa pratique bouddhiste. Il creuse la nature vide de ce qui l'entoure, des mots et des images en liberté (esthétique, politique, spirituelle) et en correspondance. Reste à trouver le décentrement d'un moi omniprésent dans cette exposition. Lu et non approuvé par le label bouddhiste.

 

Influences

 

    D'atroces portraits de Giorno, d'une confondante naïveté, par la scène new-yorkaise (Billy Sullivan, Verne Dawson, Elizabeth Peyton qui tente « de faire une image qui saisirait la John-ité douce et radicale de John », Judith Eisler) accueillent le visiteur. Les photos de Françoise Janicot en noir et blanc (Serrer les poings et sauter comme un chat ; lui, souriant dans un polo blanc à col roulé) sauvent le tout. Le Thaïlandais Rirkrit Tiravanijab a transposé du 16mm au DVD sa dizaine d'heures de prise de vue au plus près d'un Giorno lisant. Si nous évitons l'autoportrait, rien n'indique en quoi la façon d'énoncer de Giorno, sa poétique, aurait influencé les générations ultérieures. Et pour cause, car tel ne fut pas le cas : son intonation, travaillée, lui est propre. Restera sa générosité (humaine, Dial-a-poem, GPS, divers combats), son énergie et sa fréquentation de l'underground new yorkais. Las, nous pouvons admirer, à la sortie, les diverses expressions de J. Giorno dans un clip de l'une des dernières chansons du groupe de M. Stipe, R.E.M., We all go back tu where we belong, John (2011).

 

GPS

 

    Reste à nous affaler dans un pouf en explorant sur tablette, grâce à Angela Bulloch (Happy Sacks), les GPS (Giorno Poetry Systems) fondés en 1965 lors du mouvement pour les droits civiques et la guerre du Vietnam avec 55 albums et 150 collaborateurs (poètes, performeurs, musiciens) produits. C'était « une façon pour un poète de se connecter à des millions de personnes. Comme la vidéo. Ou les CD. On peut jouer les albums chez soi, mais aussi les entendre à la radio » (Chicago review, 40, 2/3, 1994). Et devinez quoi ? Un album s'intitule Big ego (1978). Tel aurait pu être l'intitulé de cette exposition monographique.

 

Les à-côtés

 

   En novembre, Giorno, jambes fléchies et bassin souple, est venu performer ses textes, tel un conférencier motivationnel, un comique ou une pop-star. La machine s'emballa, il se planta au beau milieu de The death of William Burrhougs. Dommage.
J'ai fait le yoyo entre l'exposition et un marathon
Lectures !, organisé par Véronique Hubert à l'étage au-dessous, avec Mariane Alphant, Laure Limongi, Stéphane Bérard, Paul Armand Gette, Daniel Foucard. Je suis tombé pendant un ridicule Aérobic de genre Paul B. Preciado Non mixte (Pascal Lièvre), la soporifique Nina Esber et le docte Arnaud Labelle Rojoux, Récit de la vie de Michelangelo Merisio, dit le Caravage.

 

Pour en finir avec

 

   Cette exposition non chronologique n'est claire que pour des personnes connaissant déjà John Giorno et les diverses périodes traversées. Je n'ai pas ressenti l'effervescence et la richesse de la scène underground new yorkaise, de la Factory au punk en passant par la Beat generation. L'ambiance sonore ne se réfère nullement au rock ou punk rock.
John Giorno pourrait enfin conclure : « 
merci pour me laisser être un poète / un noble effort, voué à l’échec, mais le seul choix » (Thanx 4 nothing, Merci pour rien, Ugo Rondinone, 2011). Beckett était plus radical car moins dans le divertissement. « Quand je parle de performance, je veux parler de DIVERTISSEMENT ! Vous comprenez qu'il s'agit de l'industrie du divertissement, en fait ! Et je trouve ça fascinant » (J. Giorno, Chicago review, 40, 2/3, 1994).

 

Pour aller plus loin

 

http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-john-giorno-2015-11-20

 

http://www.franceculture.fr/emission-poesie-et-ainsi-de-suite-poesie-et-celebration-2015-10-23

 

 

Dial-a-poem : 0800 106 106