...une mer agitée est pour toi une image de vie, pour moi c’est l’eau calme et profonde.
Sören Kierkegaard
Présenté par Henri Deluy dans le cadre de sa Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne (en voilà un conseil général qu'il est trop généreux, qu'il veut bien donner de l'argent à la poésie mais, plus exigeant que les mécènes de jadis, il demande à être cité et recité jusqu'au ridicule "d'écrire en Val de Marne", d'obliger les auteurs à mentionner les contrées contraignantes du Val de Marne en échange d'une bourse, on ne sera jamais assez dur avec ces démocrates-là! Heureusement cette collection semble plus libre...), voilà un livre marquant, époustouflant, magnifique, un livre qu'on n'est pas près d'oublier, un livre qui échappera à tous ceux qui n'arrêtent pas de vouloir nous envaldemarner. Et qui nous aidera à leur échapper.
Frédérique Guétat-Liviani est poète , elle ose parler d'amour, employer des mots encore plus usés comme "élytres" ou "hères" mais elle aligne également centres de rétention, faim, précarité, télé, Riri-Fifi et Loulou, elle aligne le présent dans la mire du passé : ces textes jalonnés d'espacements qui ménagent la respiration, sont à la fois très accesssibles et insondablement énigmatiques, ils évoquent Baudelaire et le meilleur de Jean-Paul De Dadelsen.
