avec Ingeborg de Catherine Weinzaepflen

Les Parutions

02 nov.
2015

avec Ingeborg de Catherine Weinzaepflen

 

 

Pastichant le début d'une œuvre célèbre, l'auteure introduit elle-même son livre :
" J'ai longtemps cherché comment écrire avec Ingeborg Bachman."
Elle a réussi comme en témoigne le poème ci-dessous, que nous publions avec son autorisation et celle de l'éditeur, et le livre tout entier, profondément émouvant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Via de Notaris

 

il a plu toute la nuit

la pluie tambourine sur le zinc

toute la nuit pour elle

qui ne dort pas

n’a pas fermé l’œil

les cendriers sont pleins

dans le blanc de la matinée

la confusion d’un rêve de sexe

de bijoux de chambre en attique

et la sonnerie du téléphone :

un matin de printemps

de pluie d’insomnie de

rêves mauvais

on lui apprend qu’il a disparu

 

« Ce n’est pas toi que j’ai perdu,
c’est le monde. »
1

comme une petite fille

Ingeborg Bachmann accroupie

dans le couloir de Via de Notaris

se tord les cheveux

 

M’écriras-tu quelques lignes ?

demandait-il dans

sa dernière lettre

et elle n’a pas écrit

superflu entre eux

naufragés qui savent tout

l’un de l’autre, se disait-elle

se rappelle-t-elle, terrifiée

 

 

 

1 Extrait de « Une sorte de perte » ( Eine Art Verlust) in Toute personne qui tombe a des ailes, traduction Françoise Rétif, Editions Gallimard, p.439.

 

Le commentaire de sitaudis.fr

édition des femmes, Antoinette Fouque, 2015
80 p.
12 €