CCP n° 27

Les Parutions

11 avril
2014

CCP n° 27

 

 

Pourquoi lorsqu’une revue consacre un  dossier  à un poète,  s’abstient-on désormais de toute présentation basique de son travail ? Ce défaut, qui semble se généraliser, n’est-il pas symptomatique de l’entre soi et du confinement propres au milieu de la poésie contemporaine ?

L’imposant impressionnant impeccable imperméable impossible et

contestable dossier de ce numéro est consacré à Danielle Mémoire, est-elle poète ?

Elle affirme en effet, à la fin de son très joyeux et un peu intéressant entretien avec Jérôme Mauche :

« J’envie les formes courtes, et je considère que je ne suis pas poète, que je ne suis absolument pas poète, et donc tout un appareillage, théorique en particulier, vient de ce que je ne suis pas poète. »

Faut-il la prendre au sérieux ou son insistance est-elle révélatrice d’un déni suspect et joueur ?

La mort de l’auteur ne devient-elle pas, comme un gant (formule de D.M. en italiques et exergue), un élégant cliché ?!

Du 1er dossier de CCP (Franck Venaille, 1999 avec une présentation signée CCP) à celui-ci, on est passé de 4 contributeurs à 22 et de 0 image à 18 photos ou illustrations : est-ce un progrès ?

La conclusion d’Éric Meunié va nous conduire à une dernière question, déjà posée  celle-là et restée sans réponse à ce jour :

« Pour honorer un Maître du XX ème siècle, jugez de la place qui m’est faite ici. »

Il doit en effet présenter la récente édition des Voix Réunies d’AntonioPorchia par Érès en une demi-page ! Tandis que Nicolas Pesquès bénéficie de deux articles d’une page chacun pour le même livre, Françoise de Laroque de deux pages pour Bénézet  etc. Et ce ne sont pas les contemporains qui sont forcément les mieux lotis, les cendres de W. B. Yeats sont quand même honorées d’une page de Mathieu Contou, celles de Schwitters et Hausmann d’une page aussi de Jacques Demarcq, ouf.

La question est : quels sont les critères de la rédaction de CCP pour l’attribution de l’espace aux auteurs ?!

Jérôme Duwa présente, sur une demi-page également, l’édition préfacée par Michel Surya de Contre-Attaque, ensemble de documents qui scellèrent l’alliance de Breton et Bataille contre le fascisme et la guerre en 1935-1936 alors que la menace nationaliste sévissait déjà sous des formes plus ou moins graves et puissantes dans une bonne partie de l’Europe et en France depuis 1934.

S’il faut se méfier des analogies évidentes entre cette période et la nôtre, rien ne semble plus urgent que de se pencher sur les succès, l’union et la défaite des intellectuels contre la barbarie.

La lecture de la liste finale des ouvrages sous le titre Sont également parus, c’est-à-dire de ceux qui n’ont pu bénéficier d’une recension donne le vertige, quatre pleines pages où l’on trouve les noms de Breton et Artaud, Bailly, Bailleu, Blaine, Blake et Butor pour ne considérer que le début de la liste dans l’ordre alphabétique ... les titres suivis d’une astérisque sont ceux qui ne sont pas parvenus en SP aux collaborateurs de la revue : on pourrait croire que les éditeurs qui snobent l’indispensable revue du cipM sont des anachorètes qui tirent leur revue à 12 exemplaires dans une bergerie de la Lozère, pas du tout, on découvre parmi les astérisqués aussi bien le Seuil que Galilée, Fayard, Colin, Arfuyen, Le Temps qu’il fait et ... la Biennale des Poètes en Val de Marne qui n’a fait parvenir à personne son anthologie de 20 poètes grecs contemporains, pas prêts de rejoindre Ithaque.

Le commentaire de sitaudis.fr

cipM, 2014

312 p.

15 €