ENC/Fiction par Nathalie Quintane

Les Parutions

09 oct.
2007

ENC/Fiction par Nathalie Quintane

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De ce dont nous sommes proches, nous devons nous éloigner, afin de le mieux percuter - et donc, pour aujourd'hui, ce ne sera pas ce /mot +poésie/, cf. la première recension ici, mais ENC/Fiction, soit le deuxième volume d'un premier autrefois commenté par son occultation même. Pas plus de fiction dans celui-là que de poésie dans le précédent, d'ailleurs, ou tout autant, et du théorique aussi un peu - tant nous sommes en peine de nommer ce que nous faisons ? Mettons Littérature, et allons-y mon dada.

Plus de textes, et des meilleurs : Julien Pauthe, d'abord, ou la mise à plat documentée de nos futurs instants derniers dans les complexes hospitaliers (éloignez les enfants), Stéphane Batsal, ensuite (première fois qu'un texte de Batsal m'arrête comme ça, d'une santé et d'une incongruité peu communes, du goût et de l'odeur, enfin !), Antoine Hummel, toujours à sa propre hauteur :

Il arrive qu'
A Bagdad
Au Xe siècle
Un médecin du nom de
Sakarya Razi
S'offre le frisson d'une sortie nocturne
Dans les rues périphériques, qu'il connaît
pour les avoir soigneusement minées (...)


= le condensé d'une époque affabulatrice admirablement mis en page,
Hummel, qui, soudain piqué par une fièvre néo-baldaccienne (les paumés peuvent s'informer auprès du site), vient décaler ses notes sur le texte suivant,
de Bablon Ludovic, pas décontenancé pour autant puisqu'il nous conte les rapports sexuels de Jésus Christ avec une mouche dans un camp (si c'est pas tout à fait ça, c'est pas loin), de mirifiques procès s'annoncent donc (il y en a eu pour moins que ça), que nous pourrions contrer par la (fameuse) anglo-saxonne explication : Never mind, he was stoned, et passons au déluge (les autres textes sont bons aussi).

Un numéro vraiment recommandé - et une remarque pratique pour finir : je suis myope, alors si vous pouviez choisir autre chose que ce petit corps humiliant à peine lisible, ce serait cool (pour les quadragénaires).