De même que toute action, lancée dans le tourbillon de l'action universelle, est en soi irrévocable et irréparable, abstraction faite de ses résultats possibles, de même toute pensée est ineffaçable.
Baudelaire
Il y a un très beau texte de Virginie Lalucq (qu'on a remarquée et soutenue ici dès ses débuts), un poème inventif à partir d'une photo du personnage-titre, lieutenant de Zapata qui toise le peloton d'exécution en fumant son dernier cigare. Puis il y a ce que le sous-titre annonce comme Les débordements du poème, la lecture de celui-ci (le poème) par Jean-Luc Nancy ; la quatrième de couverture a été, semble-t-il, rédigée par les deux mains susnommées et ça fait un livre-événement. Très contemporain aussi parce qu'on a d'abord l'œuvre puis sa légitimation immédiate et immédiatement livrée par le Philosophe-roi.
Mais celui-ci, aussi brillante et féconde sa lecture soit-elle, mérite-t-il pour autant des privilèges qui étaient jusqu'à présent l'apanage de l'auteur?
N'est-on pas en train d'importer dans la champ de la poésie, des vicissitudes dont les artistes, du fait d'un marché en quête de justifications, ont encore bien du mal à se débarrasser?
