La poésie n'est pas une solution (Jean-Marie Gleize)

Les Parutions

13 janv.
2011

La poésie n'est pas une solution (Jean-Marie Gleize)

Sans doute l'un des numéros les plus stimulants de la revue faire part, il permet de faire le point sur le travail de Jean-Marie Gleize, de le reconsidérer.
Autant la prose de JMG, comme l'écrit magnifiquement Christian Arthaud (principal artisan de ce numéro), prend de front parfois hors champ, parfois plein cadre, l'éblouissement d'un accès au réel), autant le personnage public de l'auteur s'empêtre dans la production de fictions pouvant prêter à sourire, comme le surgissement de Tarnac après Tarnac, que Geneviève Mouillaud-Fraisse s'efforce d'avérer dans les livres précédant le "Tarnac" qui va sortir bientôt.
Chassés des lignes de prose dans une écriture qui affirme n'avoir rien d'autre à déclarer que rien, refoulés par un travail dont l'intention peut émouvoir davantage que les désolantes mièvreries du Printemps des poètes, les figures, maquillages, spots et autres artifices de la fiction, effectuent un retour clinquant bling dans le réel, c'est-à-dire dans le champs des tractations et déplacements universitaro-poétiques.
Si bien que JMG se voit, se veut, se vêt de noir, étayant un personnage que Nathalie Quintane dote (en dehors de toute notion de moralité ou d'immoralité, précise-telle en note) d'un pouvoir de nuire. Mais à quoi, à qui peut-il bien nuire ?! au goût de lire ?! aux autres princes du microcosme ?! au pouvoir ?! Fictions en mal d'affublements : Alexandre Eyriès n'a pas tort de rapprocher JMG de Serge Pey, dans la mesure où les textes de l'un comme de l'autre ne peuvent se passer d'appareillages ; drapé dans le côté obscur, JMG dépose le cadavre de la poésie mais ... pose en Dark Vador, docte père revenu même de la mort, avec le bon fond dont seront toujours privés ses clones.
Le commentaire de sitaudis.fr Revue faire part n° 26/27, 2011
288 p.
25 €