La Polygraphe.

Les Parutions

16 juil.
2003

La Polygraphe.

Ce numéro triple intitulé "Autre Bibliothèque" nous permet enfin de saluer cette petite entreprise familiale (Henri Poncet & Fils), caractérisée par sa longévité (on se souvient d'"Actuels"), son sérieux et son ouverture aux "grandes irrégularités du langage", sa fidélité aux expériences exigeantes, y compris avant-gardistes.
Numéro compact mais au fait pourquoi l'enseigne de cette boutique, à l'image de celles de tant de coiffeurs, arbore-t-elle une coupe de ce mot entre les deux syllabes? Le résidu d'act, on en devine bien l'évidente filiation mais que faut-il lire dans comp? L'impénétrable?
Il y a en effet un côté jungle foisonnante dans ces sortes d'ouvrages, goût de l'obscur voire de l'épais, des gestes frustes et (parfois) frustrants.
Dans ce numéro très dense donc, profondément encré, on retiendra (pour nous) la photo du buveur de thé de Rajak Ohanian, le travail sur e.mail de Véronique Vassiliou (déjà remarqué dans une revue sœur) et les "poèmes logiques" d'Alain Frontier dans la catégorie "Voix et Autres voies", un hymne gnostique introduit et traduit par Jacques Chatain dans la catégorie "…crits anciens" ainsi que le très singulier et tonifiant échange Jacques Demarcq/ Dominique Meens ("Se causent" Demarcq & Meens) : oui, ils se CAUSENT dans tous les sens ces deux ornithodingues qui sont surtout deux grands écrivains. Au cours de cet échange (sans doute électronique), Meens effectue une sorte de repentir par rapport au très bel article qu'il consacre au "Mossa" de Patrick Beurard-Valdoye.
On termine par l'entrée en matières, la touchante dédicace collective au peintre Alain Degange, décédé l'hiver dernier à l'âge de 59 ans (il y a trois textes d'Emilio Villa traduits de l'italien par Degange).
Le commentaire de sitaudis.fr n° 27-28-29
éd. Comp'Act
381 p.
20 €