Le noir et le bleu d'Hubert Lucot

Les Parutions

15 févr.
2006

Le noir et le bleu d'Hubert Lucot

Si Lucot, contrant Simone Weil, peut écrire dans ce livre lumineux et vif que la pesanteur EST la grâce , il ne s'appesantit pas sur Cézanne ni ne le vénère : il montre comment il lui a arraché ses secrets pour son propre travail d'artiste, à lui qui fut son Maître plus que Stendhal ou Joyce. Il montre ses noirs, ses transparences, ses blancs, il montre ce qu'il n'a pas peint et en quoi cela cerne chacun de nous, ce que devient la représentation, inéluctablement après l'apparition de la photographie, cette violence faite à ce qu'on a devant soi .
Catherine Flohic a publié quelques mois plus tôt dans la même petite collection illustrée dont le titre, Entre-deux dit bien le projet, un livre de Eric Chevillard en écho aux peintures de Chaissac : ce texte, qui n'est pourtant pas d'un esthète, souffre de la comparaison car il est miné par la croyance dans les vertus de son empathie altruiste tandis que l'égocentrique Lucot rafle la mise des Images !
Comprenant Cézanne POUR lui-même, le créateur du Grand Graphe nous livre des clés qui ouvrent et son univers et le nôtre :

On regroupe pour obtenir des relations : chercher la Relation, être fasciné par une relation, inventer une relation folle, constitue le fondement des activités humaines.
Le commentaire de sitaudis.fr Cézanne
éditions Argol
89 p.
18 €