marquise vos beaux yeux par Giraudon, Grangaud, Lapeyrère et Portugal

Les Parutions

24 janv.
2006

marquise vos beaux yeux par Giraudon, Grangaud, Lapeyrère et Portugal

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+
  • Google +1
Liliane Giraudon, Michelle Grangaud, Josée Lapeyrère, Anne Portugal.
Elles ont lu, beaucoup lu, elles se sont lues, elles se sont plu.
Après deux ans de correpondances diverses et jeux croisés, quatre de nos meilleurs poètes ont écrit ce livre ensemble, avec ce passionnant et louable projet de liquider l'autofiction par mixtion et de noyer (la) chienne de bio (quatrième de couverture).
Ce livre est déjà célèbre dans le milieu avant d'avoir été lu, les bibliophiles se le disputent en jouant au jeu de l'obtention des quatre dédicaces et le public se précipite aux lectures ; si l'on en croit Florence Trocmé, qui fait une fine recension du livre sur son Poézibao ici

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/01/marquise_vos_be.html

...lors de la première lecture à la librairie Michèle Ignazi à Paris, le 13 janvier 2006, les Quatre ne furent que Trois comme s'il s'agissait de faire un clin d'œil aux héros de Dumas ; mais Florence dit surtout sa déception du mode choisi pour la lecture non d'un entremêlement choral mais d'un renvoi de chacune à son isolement.
C'est une déception aussi de découvrir dans ces lignes ce que Gombrowicz avançait déjà dans Contre les poètes , à savoir que l'excès de poésie comme celui de sucre engendre le rejet. Et que chassé par la porte, le démon de l'égotisme biographique est revenu se mettre en quatre : moi et Proust, moi et ma vocation littéraire, moi et Valéry , encombrent la lecture d'une façon qui n'était jamais apparue chez aucune des signataires de marquise avant qu'elles se mettent en quatre. Le principe des mots comme osselets, auquel Molière convie Monsieur Jourdain avec la célèbre phrase de prose qui, tronquée, donne son titre espiègle au livre, n'opère pas le charme escompté mais une récurrence où la combine l'emporte sur la comptine. Si bien que la tentation est forte de jouer à qui a écrit quoi ? qui est coupable, qui responsable ?!
Heureusement, la mise en page est réussie, le graphisme comme toujours soigné chez cet éditeur mais la dernière page a été numérotée sans que personne ne tique ; un livre qui soulève mille et quatre questions.
Le commentaire de sitaudis.fr éd. Le Bleu du ciel-2006
115 p.
15 €