Poètes néerlandais de la modernité de Henri Deluy

Les Parutions

01 déc.
2011

Poètes néerlandais de la modernité de Henri Deluy

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Nos amis italiens le disent et répètent, un chameau ça n'est qu'un cheval dessiné par une commission : mieux vaut en effet confier certains choix, comme ceux présidant à une anthologie, à un seul homme parce qu'à force de compromis et concessions, on engendre des objets médiocres et rebutants, méchants et sans soif.
Erik Lindner, poète bilingue, partage cette conviction.
Il présente très clairement chacun des poètes sélectionnés (sauf lui !), il présente également l'éminent sélectionneur de l'ouvrage : Henri Deluy est un observateur de la poésie néerlandaise depuis 1950, (    ) pionnier et passeur. C'est aussi un traducteur réputé (si la poésie est intraduisible, comme on dit, le poème, lui, l'est, traduisible. HD dixit).
Le superbe dessin en couverture (dont l'auteur n'est pas précisé) évoque certaines œuvres de Theo van Doesburg, plus connu comme artiste fondateur de la revue De Stijl et proche de Mondrian ainsi que de Kurt Schwitters ; c'est ce même van Doesburg, de son vrai nom Christian Emil Marie Küpper, qui déchaînera, en relation avec Dada et sous d'autres hétéronymes, les premières expérimentations poétiques en néerlandais.
Pour proche qu'elle soit, cette langue nous est peu familière si bien que les précisions données, juste après la préface par Koen Gijzel sont les bienvenues ; mais nos bonnes volontés s'émoussent lorsqu'on apprend que l'un des sons les plus difficiles à prononcer pour nous est " le gh comme dans Scheveningen ou gracht " !
Le néerlandais est parlé dans toute la Belgique non francophone mais les poètes belges néerlandophones ne figurent pas parmi les 27 poètes présentés dont les 237 poèmes sont rassemblés sous le label de la modernité : ils constituent une entité trop spécifique.
En dépit de l'aura dont ont joui les artistes platiciens déjà nommés et de ceux de CoBrA, les travaux de tous ces poètes constitueront une découverte pour la plupart d'entre nous, qu'ils soient historiques comme le précurseur Herman Gorter (1864-1927), qu'ils aient constitué un courant comme les Vijftigers, à l'exception de leur empereur, le peintre Lucebert (1924-1994) ou qu'elle soit une jeune compositirce comme Rozalie Hirs (1965-)
Dans un tel ensemble, on trouvera forcément quelques faiblesses, des gestes, images et outils hérités du surréalisme déclinant mais on fera de fructueuses découvertes tout en méditant ce vers de Martinus Nijhoff (1894-1953) dont Erik Lindner nous apprend qu'il est parmi les plus
cités :

LIS DONC, CE QUI EST ECRIT NE L'EST PAS.

Il faut citer et féliciter toute l'équipe des traducteurs, outre Lindner, Ginjzel et Deluy : Kim Andringa, Kiki Coumans, Saskia Deluy, Liliane Giraudon, Daniel Cunin, Eric Suchère et Anna Maria van Soesbergen.


NB
Henri Deluy publie simultanément MANGER LA MER