Noces en Birkenie, extrait par Antonio Rodriguez

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

Noces en Birkenie, extrait par Antonio Rodriguez

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nos noces furent d’arbres, de bouleaux bordant les routes, de troncs traçant le cadastre du continent, tout près des morts, Birken, tu les vois, Birken, ils bougent et ne disent mot, on n’en revient pas, on ne revient pas des feuilles qui remuent, elles ne disent mot, et de nos noces on ne revient pas, j’aime cette forme suspendue en brume le matin, c’est toi, belle brume suspendue qui se lève lentement le matin, tandis qu’ils apparaissent au loin, les bouleaux nous traversent, nous suturent l’un à l’autre, avec cette odeur de Pologne au sein, tout près du lieu qui fut, encore une fois Birken élève son aube de troncs, encore une fois nous entrons dans un braille sans relief, arborescence d’une main sur son ventre et ton odeur suave de Pologne, pendant que nos têtes se dressent dans le blanc, le code reste sans lecture

 

 

Cracovie était notre destination

 

 

nos noces furent d’arbres, de grelots, de tremblements, scintillements pour qui tente de percevoir, tintements pour qui a l’oreille, les troncs verruqueux luisent argentés dans les plaines de Pologne, clochettes funéraires près de ta chevelure qui porte encore quelque chose des fleurs, tu as cette rose éclatante dans tes cheveux, je la sens près de moi, ce que je cherche est la prose de cette rose dans la plaine des morts, là où fredonnent les feuillages pleureurs, tu entends, ce chant de noces, Birken s’implantent bien en bordure, Birken c’est ce que peut la poésie, dire Birken, tu sais, le nom arbore le terrain vague, pleureurs asséchés sans mélancolie, il ne reste que des feuilles, l’envers gris du feuillage, le nom vénérable et ta rose dans ce lieu, de l’eau suspendue qui stagne en archives, rosée, puis Birken, on les appelle, Birken, ils nous entourent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le commentaire de sitaudis.fr

 

Noces en Birkenie, 1 & 4, Après l’Union, Tarabuste, mars 2017.