Autodictée (extrait) par Jasmin Limans

Les Apparitions

Autodictée (extrait) par Jasmin Limans

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C'est ringue ta poésie. C’est flash-fluo, années 90- gogo! Y a pas de yep - pas de youyou - ni de yo. C'est zone. Mimosas. Pizza quatre saisons. Bourlingueurs des dimanches. C'est oral d'avant guerre, démodé d'y a cent ans. C'est boucherie chevaline, vespasienne pour zouave. Exposition coloniale. Vitrine Léonard. Anaphore moderne, c'est. Elle suce des chupas. Je croque des tournesols - vendus à la sauvette. Les doigts de pied en éventail. Sur la plage, parasol. No habla espagnol. Des pouces retournés. Pouce. Tournez les pouces. Transat sole mio ! Le ciel, cette semaine ne peut plus rien pour vous, il vous propose de l'aide lors du prochain carême. En attendant, c'est. Tu joues aux osselets, je creuse des tranchées. Personne ne regarde voler les coquecigrues. Under the sun, chante Rossignol. Pour l'amour de Dieu. Un impératif. C'est ça : for the love of god. Ça fait mal aux oreilles, merde ! Ça laisse des bananes. Des peaux, ça en jette partout. Talkie wiki arabe. Jeu vidéo : Mario card. Station balnéaire. Futahs Allal, casher cousin, pareil. Pas chères les futahs. On fête les cabanes - on fait l'Aïd-soukkot -tabernacle caïdale - Fantasia chez les ploucs - Western japonais. Smoke a peace pipe, mate un film. Ça fait dada dans le sable : Are you very happy ? On joue à quoi maintenant ? Take a break, have a rest. Spend money. Breathe. Please, do not play chess. C'est carton rouge. Beach-volley. Trinity-bikini-minijupe et deux-pièces - Manhattan project - bombe atomique bébé - Joey Starr en djellaba - chichi crème chantilly et suivez moi jeune homme. Ça pue les bords de mer, la moule, les coquillages. Ça fait promenade en barque. Averse en haut du phare. 15 août sans assomption. Partie de pêche. Barracudas de ligne. Fêtes foraines ratées. C'est ringue ! C’est pas jolie, rainé. Tché cher . Ça danse sur du David Guetta, du Sébastien Tellier. Bledard, un peu blindé, garagiste français, gitan à l'arrêt. Luis Mariano à donf, Coco ! Un week-end interminable. Ça parle mais ça ne parle pas, ça ne dit rien, ça cause, c'est tout, ça dérape, ça ricoche sur des mots, ça ne récite pas, ça prend tout comme ça vient, avec le dos de la petite cuillère. C'est for the happy few, after the end of gold. Ça parle : offshore obligation, Uv, Security, progrès. Ça dit l’Europe, c'est bien tant qu'il n'y a pas la guerre. C’est bourge, c'est ringue. Ça boxe petit-petit ! C’est hors catégorie. Ça ne prend pas trop de coups. Ça ne peut plus en prendre. C’est déjà ko, effondré de l'intérieur. Tout mort dans le cœur. Tout plein de nostalgie. À ne pas secouer. Ne la secouez pas. Ça explose trop vite. C’est piégé. C’est colis pour la casse, prêt-à-porter pour la déchèterie. C'est utile. Oui, ça utile, c'est le mot. Utile ad vitam. Recyclage. C'est bobo dans le bac. Un petit geste pour la planète. Take care always. Ça se recycle. C'est ringue comme un anneau, une bague, une roue, un décodeur, des cristaux de Bohème. Cocktails Acapulco, shake hands, chek-up dans les atolls, last glass sur la corniche, viens, on va voir les filles ! Ça tourne. Ça fait des ronds, ça dit : what a fuck ! Ça a trente ans de retard sur les States. Ça voudrait à 60 ans, ne pas prendre sa retraite, monter un gang, rien que ça ! Partir vivre au Mexique. Ça ne se range pas des bagnoles. Ça construit : import, export, collabore. Ça dit : j'aime bien la pierre, les assurances vie. Ça devise et diversifie. C'est cash, cash with out gold. C'est nické, nickel, tip top, bath, so good, impec, tu vois ce que je veux dire, ça s'ambiance facile, c'est chanmé des familles. À 70 ans, ça roule en 911, Rose. Parfois, sans rire, ça bouffe des caniches, se contente jamais de merle. Ça se tape des ortolans sans voile. Ça dit les juifs parfois, ça se retient très vite. Ça dit les juifs au moins quand ils n'exagèrent pas, on ne le remarque pas. (Joey Starr en djellabas, déjà les dents) les juifs, personne les différencie. Ça parle, comme ça, en buvant des petits coups, avec modération, excepté les jours de fête nationale et les 31. Ça fait la mode et les légendes. Ça dit : dimanche en huit, je plante des hortensias. C'est piche, ta poetry ! Hasben ! Fake ! Infect, ton petit poème, avec ou sans kippa. C'est pour le droit de tous, le silence des minorités, pour la majorité heureuse. C'est ringue. C’est engagé, ça tend les poings, ça cogne sur la table, ça se bouge en caleçon, ça s'assume torse poil, ça chante à cheval gendarmes, ça remue les genoux, ça porte en avance la casquette du prochain tour de France, et sans que tu le voies venir, ça te propose une tisane. C’est ringue. Tu n’as pas pigé ? Démodé ! Périmé. Ça date de Sadam, des branches de palmes, des grenadiers, de la Mésopotamie, d'avant l'invention du mobile. Talk wiki arabe, étoile de David, camping en Palestine. Territoires occupés. La guerre de six jours. Nelson Mandela, Mahatma- Indira Gandhi, Malcom X, Angela Davis, Rosa Parks, ça ne veut pas connaître. Préfère Prince, Jackson, Lou Reed, Bob Dylan... ça revendique sa place assise. C'est ringue. C'est naze. Antiquité new age. Revival. Ne me dis pas que tu reçois encore des télégrammes ? Des sms ? Une lettre à l'encre sympathique ? Old School, vielle méthode : relâche tes pigeons ! Mange les. Descends du pigeonnier ! C’est fini les messages ! C'est bon pour les musées. C'est comme le minitel, le fax, le magnétoscope... tu piges, les messages ça n'existe plus. Code ou crypte autrement dérègle tes idées. C'est ringue ta poésie.