Poètes en grève !

Les Incitations

26 oct.
2017

Poètes en grève !

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Message envoyé aux organisateurs de la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne



Nous avons été surpris d’apprendre, ce lundi 23 octobre, que la rémunération de 100 euros par auteur pour les lectures prévues le 17 novembre lors de la « Nuit des nouvelles écritures » était supprimée. Cette information (qui nous semble cruciale) a été annoncée au détour d’un mail, ne semblant pas plus porter à conséquence que cela.
Or, nous avions été contactés au mois de mai sur la base de cet accord : une lecture plus deux textes envoyés et publiés dans une anthologie, et 100 euros de rémunération.
Si nous comprenons bien évidemment que la baisse des subventions a un impact sur tout évènement culturel, il reste que nous ne comprenons pas pourquoi le salaire des artistes est – dans ce cas-là, comme dans tant d’autres – considéré comme superflu et pouvant sauter lors de coupes budgétaires. Cette suppression du salaire n’étant même pas annoncée par les personnes qui nous ont contactés.
Nous sommes nombreux à lire bénévolement lors d’autres occasions, mais ici il n’a jamais été question de bénévolat. La Biennale s’était engagée vis-à-vis de nous, via un accord tacite et nous avons accepté les termes du contrat qui aujourd’hui a changé. Ceux qui viendront d’autres villes ne seront pas défrayés et personne ne sera rémunéré.
Sachez que certains d’entre nous ne peuvent pas se permettre un tel luxe.

Nous sommes également étonnés que la Biennale pose à présent la tenue de l’évènement sans rémunération comme un ‘‘dernier métro de poésie’’, sans mentionner la gratuité du travail qu’elle demande aux artistes, ou sans les avoir consultés préalablement. Ni en mai, ni aujourd’hui. Si la Biennale voulait que les poètes, en venant lire, soutiennent un acte fort, il aurait fallu officialiser cette position et demander leurs avis aux personnes concernées avant de leur couper les rémunérations de la même manière que lui ont été retirées ses subventions. C’est-à-dire, alors qu’une partie de l’engagement, à savoir l’envoi des textes demandés pour l’anthologie, avait déjà été respectée.

Nous sommes nombreux à désirer prêter notre voix à l’expression d’une résistance, ou d’une éventuelle protestation contre ces choix budgétaires alarmants car nous sommes nombreux à mesurer l’énergie dépensée par l’équipe de la Biennale pour nous réunir.

Mais nous ne lirons pas à la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne 2017 dans ces conditions. 

1/ Nous exigeons que soit maintenue la rémunération de 100 euros par auteur.

2/ Nous exigeons également que les auteurs ne vivant pas en Île-de-France soient défrayés pour leur transport.

Nous sommes prêts à envoyer un texte au Département du Val-de-Marne, au CNL et à la Région Île de France qui ont retiré leurs subventions. Nous souhaitons que cette « Nuit des nouvelles écritures » se fasse, qu’elle se fasse dans des conditions économiques qui assurent une pluralité et une diversité des regards, des textes et des sensibilités. 

Des poètes en grève.

Signataires : Rim Battal, Laurent Bouisset, Laura Boullic, Marin Fouqué, Corentin Gallet, Typhaine Garnier, Maël Guesdon, A.C. Hello, Gabriel Henry, Marius Loris, Antoine Mouton, Marie de Quatrebarbe, Ariel Spiegler, Yoann Thommerel, Laura Tirandaz, Benoît Toqué, Nicolas Waquet.

Le commentaire de sitaudis.fr

 

Nous relayons volontiers ce communiqué qui en dit long, hélas, sur l'état de la Culture dans notre pays.