Kobé (quatre auteurs) par Jean-Marc Baillieu

Les Parutions

02 nov.
2019

Kobé (quatre auteurs) par Jean-Marc Baillieu

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«  MADE  in  JAPAN » (une excursion)

 

 

Au format agréable dit seize-vingt (centimètres), mince de ses huit millimètres d’épaisseur, couvert d’une non moins agréable couverture pelliculée (le bout des doigts y patine) zoomant en fond rosé une partie de carte un peu ancienne du Japon d’où émergent dans le sens des aiguilles d’une montre (et dans cette orthographe) les toponymes grisés Hondo (à midi), Kioto, Otsou (à 15 heures), Osaka, Sikok (à 19 heures), Hirosima (à 23 heures), voilà l’extérieur-livre qui retient le regard avant, au coin nord-est les prénoms et noms de deux hommes (Jacques, Marc) et deux femmes (Natali, Cécile) dans l’ordre alphabétique des patronymes : Jouet, Lapprand, Leduc, Riou en corps moindre que, titre en majesté, Kobé, au coin sud-est surmontant le dessin à l’ancienne d’une boussole et la mention de l’éditeur : « les mille univers ». 

En quatrième de couverture, là où sur le même extrait de carte, on lit d’emblée Sikok, Kiou (de Kiou-Siou), Hirosima, Simonoseki, voire Corée (un peu embrumé), huit lignes (non justifiées à droite) dans un cartouche blanc explique succintement « Le PPP, projet poétique planétaire » qui « entend adresser et expédier par voie postale un poème à chaque être humain de cette planète », utopie infinie dont un échantillon est ici proposé : 78 poèmes « composés en juillet 2016 à Kobé, Japon, et à huit mains… », poèmes qui sont des « surmorales élémentaires, extension latérale d’une forme initiée par Raymond Queneau », un poème par page, mais 80 pages car deux poèmes sont en version bilingue, timide idée qui eût pu être étendue peut-être pour donner plus à entendre l’idiome local par ailleurs présent ici et là via quelques incursions latinisées respectant la typographie italique.

La boussole de couverture est reprise en plein centre de la page dite de faux-titre entée sur sa circonférence de trois « p » (en minuscule) équidistants et développés plus bas : « POPO / POPOV/ poésie pour poches / potentiellement vastes ». Voilà donc un paratexte soigné et précis, et le corps du livre aussi : les poèmes  d’un même modèle, trois colonnes privilégiant celle du milieu (2 vers puis 2, 2, 7 plus courts, 2) et en vis-à-vis réduisant les deux autres à 3 vers en haut, 1 en bas, donc rien en face des 7 plus courts de la colonne centrale qui peut apparaître ainsi comme un point de mire ou la poignée d’un chandelier. Chaque poème est daté (du 12 au 23 juiller 2016), situé (Kôbé en majorité écrasante et marginalement Kyôto, Hiroshima et Arima), dédié à, nippon ou pas, un destinataire nommé, et signé des initiales des quatre auteurs/poètes : NL (15), JJ (12), CR (12), ML (19). Sur le plan du contenu, la monoforme permet-elle de distinguer chaque auteur de ces poèmes-captations ? En cachant les initiales, voilà une idée ludique pour (re)lire le livre en famille ou entre amis, un livre dont déjà une lecture solitaire aiguisera le plaisir d’un lectorat exigeant et curieux. 

 

 

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