L'habitude, la croyance et la présomption nous causent plus de torts que le hasard ou les phénomènes naturels.
Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l'erreur et l'étonnement que la nouvelleté nous apporte.
Mais il y devrait avoir quelque coercition des lois contre les écrivains ineptes et inutiles comme il y a contre les vagabonds et les fainéants.
Il nous échoit à nous-mêmes, qui ne sommes qu'avortons d'hommes, d'élancer parfois notre âme, éveillée par les discours ou exemples d'autrui, bien loin au-delà de son ordinaire ; mais c'est une espèce de passion qui la pousse et agite, et qui la ravit aucunement hors de soi : car ce tourbillon franchi, nous voyons que sans y penser, elle se débande et relâche d'elle-même, sinon jusques à la dernière touche, au moins jusques à ne plus être celle-là...
La menterie seule, et un peu au-dessous l'opiniâtreté, me semblent être celles desquelles on devrait à tout instant combattre la naissance et le progrès.
... c'est assez tremper nos plumes en ancre sans les tremper en sang.