Deux traductions de poèmes d'Aaron Belz, par Alexander Dickow

Les Incitations

22 déc.
2006

Deux traductions de poèmes d'Aaron Belz, par Alexander Dickow

" la pomme ne tombe pas loin du pommier "



"La pomme ne tombe pas loin du pommier ",
c'est de la faute au style. En fait, la pomme
tombe, mais "pas loin de l'arbre"-- près à l'arbre.

Car si la pomme ne tombait pas, n'importe où
qu'elle ne tombera pas, jamais n'atterrirait-elle.
"La pomme" qu'on pourrait dire, "ne tombe
et n'atterrit à nulle part jamais, même pas
au loin des arbres. " Moi, par exemple - suis-je
tombé ? Mon père n'était pas grammairien.






"the apple doesn't fall far from the tree "



" The apple doesn't fall far from the tree "
is poor grammar. The apple, actually,
" falls not far from the tree "-close to the tree.
For if the apple doesn't fall, no matter where
it doesn't fall, it never lands. "The apple",
one might say, " never falls or lands
anywhere, not even far from the tree. "
I, for example--have I fallen?
My father was not a grammarian.






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phrase à propos de boomerangs



Ce matin mon visage, après j'ai essayé
de le modifier en déplaçant par là le nez,
la lèvre par ci et une autre ailleurs, etc.,
s'est remis tout à la place avec
un claquement brusque comme
s'il faut rester le même comme ça
toujours fatalement, et de la manière
pareille que mon emploi du temps,
après que je tente plein de fois pour
trouver un créneau avec toi
en loupant un concert par ci, par là
un rendez-vous, arrêtait pas de brusquement
revenir à sa forme d'origine échelonnée,
et je me demande si ces expériences
étrangement similaires ont à voir à ce que
tu n'es en fait qu'un ami imaginaire,
Monsieur Doudoune, ou si cette ressemblance
tient au fait d'hier tous les boomerangs
j'ai lancés de diverses étapes à ma vie
sont revenus dans l'espace en cinq minutes
me taper dans le derrière la tête
l'un après d'autres, comme des danseurs
impatients que la scène finisse
un soir pluvieux que le public
était minuscule et le patron paraît
saoul dans les coulisses, ou pas.






a sentence about boomerangs



This morning my face, after I
tried to rearrange it by putting
the nose up here, one lip here,
the other there, etc., snapped back
into its original formation
as if fated to be that way forever,
and in the same way my schedule,
after I repeatedly tried to make time
for you by changing an appointment
here, not going to a show there,
kept returning to its original
ladderlike formation, and I wonder
if these curiously similar experiences
have something to do with the fact
that you're only an imaginary friend,
Mr. Puddlewump, or if they have
to do with the fact that yesterday all
the boomerangs I'd thrown
during the various stages of my life
returned within minutes of each other,
hitting me on the back of the head
in sequence, like dancers
that can't wait to get offstage
on a drizzly night when the audience
is tiny and the manager appears
to be drunk backstage, or not.
Le commentaire de sitaudis.fr Aaron Belz is an American poet who lives in St.Louis, Missouri. His work has appeared in Fence, Fine Madness, Gulf Coast,Painted Bride Quarterly,Exquisite Corpse, Mudfish, and numerous otherjournals. His book, THE BIRDHOVERER, will soon be published by BlazeVOX Press.However, he derives the greatest pleasure from Alexander Dickow's Frenchtranslations of his poems, whichhave also appeared in La Republique Mondiale DesLettres.



Aaron Belz, né à Iowa City (Iowa en 1971 ), est un poète américain qui habite àSt.-Louis, Missouri. Ses poèmes sont parus dans lesrevues américaines Fence, Fine Madness, Gulf Coast,Painted Bride Quarterly, Exquisite Corpse, Mudfish , etd'autres revues. Son livre, THE BIRD HOVERER paraîtra bientôt chez BlazeVOX Press. Mais il seréjouit surtout des traductions françaises de sespoèmes par Alexander Dickow, qui sont également paruesdans La République Mondiale des Lettres.
Voir son site :

http://belz.net/