Les asperges de Catherine Soullard

Les Parutions

08 déc.
2009

Les asperges de Catherine Soullard

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Trois femmes comptent pour Arsène (initiale A) : deux se sont absentées, Anna (morte) et Angèle (disparue), il ne reste plus qu'Ame, payée pour s'occuper de lui à son entrée dans le grand âge. 4 personnages, 4 A comme l'initiale des asperges dont Arsène se montre gourmand mais aussi savant producteur. La lettre des commencements pour un livre de toutes les fins. A noirs d'une prose tournée et relâchée dans une montée vers la lumière du OUI. La généalogie de Catherine Soullard vient du Sud et de Giono en tant qu'il transcende le Sud, avec un chant réaliste où s'intriquent la terre, les passions et plusieurs formes de prière.
Dans Palmito d'Evian, apparaissait déjà une personne très âgée et dépendante, la mère de la narratrice frappée de la maladie d'Alzheimer. Ici Arsène (qui rappelle un peu Anchise, le héros du livre qui valut en 1999 le Femina à Maryline Desbiolles), a une vie intellectuelle normale mais il lui arrive de se pisser dessus. Catherine Soullard ne traite pas un problème de société qui serait le délaissement des personnes de grand âge, elle est hantée par le délabrement des êtres et cherche ce qui reste de pleinement humain, la matière pour la rencontre d'un sujet quant tout semble l'abandonner.
Son livre ressemble aux asperges dont il faut recueillir les "griffes" :

la partie souterraine qui comprend le rhizome avec ses racines nombreuses et rayonnantes, et ses bourgeons.


Le commentaire de sitaudis.fr éditions Le Passage (2010)
156 p.
14 €