Notes sur l'enterrement de Tarkos. par G. Toog

Les Incitations

03 déc.
2004

Notes sur l'enterrement de Tarkos. par G. Toog

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Il fait tout gris ce jour là le soleil resplendit. Brille. Le soleil brille pas de nuage le ciel est dégagé bleu sans nuage. Pas d'épaisseur nuageuse le soleil brille dans le ciel bleu. Le ciel est bleu le soleil n'a pas de couleur on le fait jaune il n'est pas jaune le soleil brille trop pour être jaune. Le soleil luit est brillant n'est pas jaune impose le respect par don outre-brillance par outre-couleur.

C'est par un matin semblable que la horde des poètes est allée rendre un dernier hommage à Christophe Tarkos au cimetière du Montparnasse. Julien Blaine a lu, Katalin Molnar a lu, Bernard Heidsick a lu. D'autres encore ont lu à haute voix ont fait devant la boîte des gestes à eux ont lu des textes à lui. Il est vivant dans les poèmes qu'il a écrits avec son corps alors qu'il était encore en vie. Julien Blaine a hurlé jamais jamais à la fin de sa lecture. Quelqu'un a lu des extraits de l'Oiseau vole d'Anachronisme. Bernard Heidsick a dit que Tarkos était un génie que son génie était à la fois dans sa poésie sa diction son élégance.

Beaucoup ont fumé des cigarettes dans l'air du matin.

Il y avait près de la tombe un tas de feuilles mortes assemblées là par un aspirateur à poussée contraire. C'est le vent qui a fait tomber les feuilles le vent et l'hiver le vent d'hiver. C'est le vent encore qui les a rassemblées près de la tombe en a fait un tas pour qu'on ne dise pas une feuille morte mais un tas tout un tas de feuilles ensemble.

Des proches se sont approchés du trou ont jeté des roses blanches. Une femme a râclé le sol avec les ongles pour jeter un peu de terre dans le trou pour remplir le trou avec ses ongles. D'autres se sont tenus devant le trou pour le voir une dernière fois. Un type a hurlé in nomine patris devant le trou on aurait dit qu'il se moquait on aurait dit qu'il voulait rire une dernière fois aux côté de Tarkos on aurait dit c'est un dernier hommage qu'il rend à Tarkos au côté moqueur de Tarkos qui se moquait de la mort elle-même de l'organisation de la mort qui est la mort.
Le commentaire de sitaudis.fr Le vendredi 3 décembre 2004, cimetière Montparnasse.