Relations et silhouettes de Jean-Pierre Ostende.

Les Parutions

09 févr.
2003

Relations et silhouettes de Jean-Pierre Ostende.

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"Je cogne et je réfléchis ensuite. Je ne peux pas m'empêcher de réfléchir."
Ainsi commence le livre de Jean-Pierre Ostende, esquisses, choses vues, aphorismes tout proches de Lichtenberg, sarcasmes à la Gombrowicz ou Thomas Bernhard, citations, vues critiques sur l'actualité, considérations érudites, embrayeurs d'écriture, dépôts prélevés pour opérer de "petits rapprochements", cette publication d'un genre bien connu et même éprouvé, (éprouvant pour le lecteur contraint plus que pour le flâneur) était d'autant plus risquée que ces "carnets" ne courent que sur trois ans, de 1992 à 1995 ; risquée de n'être ni posthume ni prélevée dans une durée par des chercheurs et autres exécuteurs ; le côté journal oblige à dater, il y a risque que ça date ; risque de l'esprit par trop pétillant, du champagne qui n'est plus que bulles ; risque de tomber dans le pire du genre, Peter Handke par exemple.
Ce qui sauve l'auteur, ce sont ses capteurs, sa sensibilité à l'environnement langagier, Ostende a un côté voleur de sons et de voix qui constitue l'essentiel de son charme (d'"auteur de charme"?!) mais c'est un voleur délicat, intelligent et plein d'humour ; romancier, il sait l'art de juxtaposer, mine de rien, les fruits de ses nombreux larcins ("…crire est une façon de ranger" mais il sait aussi compter et conter).
À feuilleter en même temps que "Voie express" (voir nos Parutions).
Le commentaire de sitaudis.fr éd. Le Bleu du Ciel
115 p.
15 €