Technique du métier d'écrivain de Victor Chklovski

Les Parutions

12 juin
2006

Technique du métier d'écrivain de Victor Chklovski

Des poètes sachant écrire et susceptibles d'être publiés, il y en a des milliers, mais des clients intéressés par la marchandise qu'ils produisent, il n'y en a que très peu, ou presque pas.
S'il convient dans l'ensemble de mettre en garde de faire trop tôt de l'écriture son métier, il faut, de manière particulièrement vigoureuse, en dissuader les poètes.


On lit ça à la page 99 de ce volume vif, passionnant et enjoué, publié en russe en 1927 et en France, pour la première fois par le même éditeur, 70 ans après seulement, honte à nous !
Sur les techniques proprement dites, ce formaliste russe né en 1893 apporte un éclairage qui doit être relativisé comme lui-même sut le faire dans ses propres livres. Son injonction et ses conseils pour devenir des lecteurs conscients nous sont encore plus précieux aujourd'hui.
Paul Lequesne, le traducteur dont un texte figure en post-face, utilise judicieusement certains acquis des recherches de Chklovski pour remettre à leur place quelques écrivains français et leur médiocre récente polémique à propos de l'auto-fiction ; plus contestable en revanche est son alignement de Nicolas Bouvier en plagiaire de Cendrars, à partir de similitudes de structure entre son Poisson-scorpion et Bourlinguer . En arrière-plan, peut-être ce rêve fou et dangereux de donner des assises objectives à la critique ...Une nécessaire réédition avec une très explicite photo de couverture de Franck Juery.
Le commentaire de sitaudis.fr éd. L'Esprit des Péninsules (1997-2006)
139 p.
11 €