un léger défaut d'articulation de Stéphanie Chaillou

Les Parutions

08 déc.
2009

un léger défaut d'articulation de Stéphanie Chaillou

Un récent ouvrage du même auteur publié chez le même éditeur et recensé ici, Quelque chose se passe, ne laissait pas imaginer un tel texte, tant mieux.
Stéphanie Chaillou surprend avec cette intrication de deux matériaux filants : une série de listes commençant par il y a et un autoportrait qui semble sortir droit d'un atelier d'écriture à contraintes ; le second texte est imprimé en gras, il intègre le premier, l'avale et parfois l'exhausse, par la grâce d'associations hasardeuses. Il en résulte un trouble délicieux, d'autant plus déstabilisant pour le lecteur que le texte en gras dévoile des pans d'intimité (dessous et lectures) désarticulés, en contrepoint de l'objectivisme des listes.

Isabelle Sauvage publie simultanément plusieurs livres parmi lesquels on retiendra Bosnie Elégie (1997) d'Adrian Oktenberg, née en 1947 en Californie : ce poème a les qualités et les limites du genre de la résistance, de la plume justement indignée. François Maspéro remarque d'ailleurs, dans sa préface documentée et passionnante, que la popularité de Ronsard ou Du Bellay est aujourd'hui bien plus forte que celle d'Agrippa d'Aubigné ; pourtant Les Tragiques ne surpassent-ils pas cette élégie écrite à bonne distance ?

Nostre temps n'est rien plus qu'un umbrage qui passe,
Le sceau de tel arrest n'est poinct subject à grace. »


Le commentaire de sitaudis.fr éditions Isabelle Sauvage (2009)
110 p.
15 €