Le courage prend son temps par Dorothée Volut

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

Le courage prend son temps par Dorothée Volut

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Le courage prend son temps

et me tord le cou

l'insensé réclame un peu de purée
j'ajoute qu'en son époque la figue rougissait quand elle en avait envie
et que les acacias
fleurissaient carrément au printemps

mais aujourd'hui tout est à l'orée du coin où
couvrant les pares-brises trop ensoleillés
l'héritage est menu
(autant vous dire combien coûte une tranche de jambon)
j'aspire à j'aspire à j'aspire à la couverture des nuages à l'extinction des lampes d'appartement
à des rouleaux de tissus rouge épais
comme couper les laisses des chiens
fermer la plupart des livres - quitte à en déchirer certains

la page immense
ample et vallonnée
tournera seule


mais s'intensifiera sûre au moins de ne pasflancher
les feuilles renaîtront dans une autre campagne


la goutte explosera le fruit futur
la poire aussi d'ailleurs
laisse à son jus l'amertume en même temps que la vie folle
alors

au frais des herbes insoumises
du noyer lourd
je me vois arracher les branches pour les traîner dans un chemin boueux

La branche rentre dans la terre pleine de sucre
rentre sans comparaison

à la réalité du caramel mou je crie crie crie que crie que que que
que l'arbre que l'ar   bre l'ar   bre l'arbre bri   se
brise essentiellement la chose divine en lui
à la torsion possible des os
et de la moelle profonde

L'arbre ne résout rien si le cycle est à un moment précis donné de son cycle

Je tends les bras sans savoir comment faire pour laisser tourner (la roue)
me défaire de l'urgence et des plastiques collants

Jusqu'à la nuit je ne vois rien jusqu'à la nuit je ne vois rien jusqu'à la nuit




Je garderai la braise
comme fondement
( et cicatrice)

Le commentaire de sitaudis.fr (extrait d'un travail en cours-Janvier 2004)