Trois jours par Alexis Denuy

Les Apparitions

Trois jours par Alexis Denuy

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Une des choses importantes qu'on ait à noter c'est de ne rien laisser échapper à son attention. On doit pouvoir remarquer la moindre chose, en déduire la signification, il faut beaucoup d'entraînement, cela s'apprend vite en ville comme en forêt.

Tu dois remarquer n'importe quel bruit anormal, n'importe quelle odeur particulière. Essaie de comprendre ce que cela signifie. Que tes yeux se tournent dans toutes les directions. Remarque tout par habitude - on sait regarder à la fois près et loin. Que tes yeux ne se ferment pas.

On sait observer les gens qu'on rencontre, comment leurs visages, leurs vêtements, leurs chaussures, comment leur façon de marcher,

Ils se trouvent parfaitement normaux, ils ont tous les renseignements, tant de gens paraissent fermés, vont les yeux ouverts mais sans rien remarquer, d'un autre côté traces de pas, branches brisées, herbes foulées, débris d'aliments, brins de laine, de toile, et ainsi de suite, sont autant d'indices qui permettent d'obtenir des renseignements importants.

Tout traqueur sait que sa vie dépend de son esprit d'observation. C'est à de tels détails qu'on reconnaît la vie quelques fois. Tous ces détails aident à interpréter le sens exact des événements courants.

C'est ainsi que je me suis dit, on est mercredi, premier jour d'une décision, que j'allais provoquer une collision. Je sors des nuages que j'ai dans la tête, j'entre par un vertige pour redevenir un être humain, je ne suis pas un barbare mais je remonte à l'aube des temps. J'arrive en ville, au sommet d'un escalier, le rideau s'est soulevé, quelque chose m'a gueulé fort dans la tête - réveille toi.

Prendre l'initiative, ne pas se laisser déborder, on regarde un peu partout et la nature revient, encourageons nous du regard les uns les autres penses-tu, il faudrait que les frères le pensent aussi, il faudrait qu'on soit plus liés les uns aux autres comme des lacets sur les chaussures. Ils disent travail famille, tu penses retour à, retour à, le soleil la nature les plantes, retrouver un air pur, vierge de pollution, tu voudrais qu'un fil te relie naturellement à tes frères humains, tu voudrais qu'ils entendent que tu te dis qu'ils se disent, les uns les autres un peu partout dans la nature, on rit, on crie nerveusement, derrière une fenêtre, derrière des portes, il y a des gueulements froids claqués comme des pierres, on est dans l'obscurité.

Jeudi je me réveille, on charge, qui charge ? On charge l'assemblée. Un mythe ? Les autres reculent, objectivement, mathématiquement, logiquement, quand des places sont libres on les prend tranquillement calmement, on n'a pas peur d'une image, on n'est pas coincés contre un mur, parce que c'est pas nous ìqui l'avons construit", on n'avait pas couru assez vite, on ne s'était pas entendu entendre, on a cherché les autres du regard, on se dit qu'ils nous ont dit

vendredi.