Bienvenue dans le Cercle de la Nouvelle Neurasthénie par Julien Bielka

Les Apparitions

Bienvenue dans le Cercle de la Nouvelle Neurasthénie par Julien Bielka

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Ce cercle a pour but de réunir ceux qui, comme moi, érigent en dogme absolu les valeurs que sont l'apathie, la paresse, l'inertie, le non-engagement, la médiocrité, le refus de tout enthousiasme, préférant se complaire avec satisfaction dans l'auto-contemplation narcissique et stérile. Je me fais porte-parole de cette attitude face à la vie : que tous ceux qui se reconnaissent dans les lignes précédentes lisent la suite et, si telle est leur "volonté" (rires), qu'ils prennent contact avec moi. Nous sommes la négation de la vie au sein même de la vie; cette négation est d'ailleurs la seule que nous puissions concevoir, toute révolte nous apparaissant comme vaine et puérile. Pour les esprits joueurs souhaitant nous définir par antithèse, nous sommes l'exact opposé d'Edward D. Wood Jr, tel qu'il est présenté par Tim Burton : sa candeur, son goût de la vie, sa capacité d'émerveillement et de création nous sont totalement étrangers et ne provoquent en nous qu'un rictus méprisant. Nous ne savons pas créer, nous préférons médire en croisant les bras. Nous sommes des verges humaines incapables d'érection. Nos modèles seraient plutôt à chercher chez Pouchkine (Eugène Onéguine), Gontcharov (Oblomov), Flaubert (l'Education Sentimentale) ou en la personne d'Henri-Frédéric Amiel, fameux diariste, symbole magnifique de la vacuité existentielle que nous entendons bien détrôner. Incapables de distanciation, manquant singulièrement d'humour, nous serions, si nous devions établir un parallèle avec un mouvement artistique, le pire aspect du romantisme; nous n'avons ni ferveur ni soif d'absolu (!) et l'Ennui ne nous déplaît pas tant que ça. Sur le plan philosophique, nous nous situons sans équivoque dans le bon vieux matérialisme antidialectique, autant dire que nous sommes les pires des merdes, nous nous en accommodons. Nous sommes lâches, veules, velléitaires et sans aucune aspiration au changement. Certains nous attribuent le qualificatif de "loque" : ils n'ont pas tort. Nous avons été capables de passion, d'émotion, de révolte, d'engagement : ce lointain souvenir -qui se situe dans les limbes du délire juvénile- nous fait sourire sans nostalgie aucune, toute dispersion de force (pour quelle cause que ce soit) étant une erreur ridicule. Peu après nous avons préféré fantasmer notre vie : nous n'en sommes heureusement plus là. Tout au-delà est un leurre. Jean-Paul Belmondo ("l'as des as" réalisant par là sa dernière fourberie drôle) est actuellement paralysé de la moitié du visage. Nous, c'est notre volonté qui est paralysée. Les paradis artificiels (alcool, chanvre, drogues dures pour les plus hardis) ont pu nous faire oublier notre disgrâce : ce simulacre de révolte était lamentable. Nous acceptons notre nature sans rechigner, maintenant.Que ce nouveau millénaire soit celui de la Neurasthénie! Rejoignez nous dans le Cercle de la Nouvelle Neurasthénie! (les lettres d'insultes sont également attendues avec impatience)