Prélude par Dom Clavourel

Les Apparitions

Prélude par Dom Clavourel

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Je ne crois pas que le bloc-notes sur le bureau soit un malentendu, il est orange et bien foutu : prédécoupé, 160 pages, petits carreaux 5 fois 5 et 80 grammes. Pour ma part, j'ai un visage comprenant, entre autres, joues, narines, bouche, oreilles, yeux, front et des aisselles en guise d'amuse-gueule (la fantaisie des aisselles). Le bureau mais parlons-en, bois, un tiroir coulissant sur deux rails métalliques. Pièce chauffée, chauffante, allumée, volets fermés. Tapisserie moquette verte, moquette au sol. Cet espace est avant tout un refuge pour passer la nuit, le voyageur y trouvera son compte. C'est une chambre, assurément. Fais fi de sa rigueur elle ne passera pas ma nuit, j'en connais une plus gourmande ailleurs, la connais mieux que celle-ci si il me faut comparer. En attendant tapote le clavier, papote avec l'écran et pense à Hannibal le Carthaginois pour être au plus juste. - Alea jacta est mon bon ; plutôt lecteur d'Astérix que latiniste mon con.








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Par la petite porte, entre le monde et toute sa procession -salut tout le monde, défile la chaîne roule d'une station à une autre, un chemin de croix comme un autre. En bout de spasme l'agent, balafre de sous-fifre, regard crasseux d'usure ;les convulsions épileptiques de la structure marquent les visages. Toujours la même histoire immobile en ses éclaboussures : silence criard des automates en cadence, se perdent floués dans le flou et la régie tabassée qui tente de charmer les polissons de son gris cotonneux.