HORS-CHAMP : ALAIN ROBINET par Anne-Marie Jeanjean

Les Célébrations

HORS-CHAMP : ALAIN ROBINET par Anne-Marie Jeanjean

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+
  • Google +1

LES EMAUX DE L’ATTRIBUT – BIENVENUE A CLIVE/LANGUE – CARNET D’ATHEE – ZOHONES - 5 PRO&SIES – L’A.PERCEE DU VOIR - 4 PERI(GRI)NARRATIONS – J’ LOGO DANS L’LEGO DES MOTS – quelques titres des dernières années parmi son énorme production : l’extrême chahut de la langue … la grande affaire de sa vie tout en prolongeant l’interminable palabre, « la longue phrase » avec les anciens. Il ouvrait bien fort les volets claquants, ou braquait les lorgnettes là où peut-être on n’aurait pas voulu voir.

L’entièreté de l’œuvre à découvrir. Les chercheurs n’en finiront pas d’ausculter chaque hoquet, chaque suffocation, éructation ; des colères multiples aux rires canailles dans ce qu’il a - dans une formidable fidélité à lui-même - pulvérisé, contracté, accumulé, charrié en ce violent courant d’écriture que seule la mort pouvait interrompre.

- - - - -

« On » t’observait de loin, étonné-s, interloqué-s du coin de l’œil ; jusqu’où ira ce solitaire dans les tréfonds de la langue pour la re-créer sienne ( ?mais là n’était pas ton propos, davantage dégager d’autres horizons), d’autres fuyaient, se bouchaient les oreilles car ça hurlait parfois et même souvent.

Etonnant, surprenant, agaçant, énervant, tu m’as donné le goût du rebrousse-langue/rebrousse-poils sans concession, des lettres qui dansent des années 80* aux derniers froissages1 où tu écrivais « 7 à Sète », mais il n’y aura donc pas de « 7 à Sète ».

L’avant-veille de ton voyage sans retour, tu appelles. C’est le matin, je t’écoute, mal réveillée. Toi, volubile, tu en es déjà à l’été prochain sur le brise-lame. Tu me parlais de Démosthène2.

 

 

 


 

1 Différentes formes d’écriture visuelle dont on devait discuter ce mois d’avril.

2 « On ébourgeonne la république, on a

subrepticement tranché les nerfs de la démocratie,

nous sommes cousus, serrés comme des nattes,

on nous enfile dans d’étroits passages

comme des anguilles. »

Démosthène.

Le Discours sur la Couronne – 330 avt JC

(traduction R. Chevallier)

Le commentaire de sitaudis.fr

Alain Robinet (1948-2018)