La Collection de Madame Fredi

Les Parutions

08 nov.
2002

La Collection de Madame Fredi

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Pourquoi, en pleine polémique contre l'édition à bon marché, n'hésite-t-on pas à défendre et même à promouvoir Fidel Anthelme X et les productions publiées désormais par Frédérique Guétat-Liviani sous le label "La Collection de Madame Fredi"?
D'abord parce que ces ouvrages sont réalisés avec soin et goût, goût et soin excusez-nous d'insister : Guétat-Liviani a fréquenté les Beaux-Arts non sans profit. Sa dernière livraison est un ensemble de 4 pochettes, une par auteur, réalisées sur le modèle de l'emballage des CD plus que des livres mais ici le pliage est un art. Cela démontre à l'évidence qu'on peut tenir compte de toutes les dimensions du plaisir de lire sans pour autant disposer de moyens luxueux.
Ensuite les textes (ou interventions) sont courts, pas lourds, les auteurs pas trop attendus ni repérables à des postes de contrôle si l'on omet... Akenaton. Renseignement pris, (on déplore le manque de brèves bio-bibliographies), Joachim Montessuis a également fait les Beaux-Arts ;il réalise, selon F. G. L. "un très beau travail vidéo qu'il associe à un travail sonore lors de lectures-performances" et a fondé la revue sonore "Erratum". Ici, sa prestation intrigue et pourrait presque dé-concerter. Enfin, sous La Galerie L'Ollave vient de faire paraître ce 18ème numéro de sa revue "Préoccupations" dont elle a confié la rédaction à Christian Prigent ; on y trouvera un aperçu plus qu'intéressant (mais malheureusement des illustrations sans couleurs) du parcours d'amitié de celui-ci (au sens de Georges Bataille) avec Philippe Boutibonnes, (en couverture), Jean-Marc Chevallier, Joël Desbouiges, Daniel Dezeuze, Mathias Pérez et Claude Viallat : "ses" peintres parce que le fondateur de la revue TXT écrivit beaucoup sur leur travail ou en écho à celui-ci ; son livre sur Viallat est d'ailleurs devenu un ouvrage de référence pour les spécialistes et historiens d'art mais on trouvera ici avant tout un choix de poèmes, manuscrits reproduits ou dactylographiés, le poète se situant non pas en théoricien éclairé mais en artiste, capable de gestes dans la matière de la langue, équivalents à ceux de ses amis. Sous M2, se dissimule Michaël Moretti, un jeune trentenaire également, qui propose un travail plus convenu d'éparpillement du texte.
L'attachante Nadine Agostini, elle, on la connaît, on la suit (si tant est qu'on puisse la suivre) depuis longtemps, elle fait preuve ici d'un talent journalistique genre Charlie-Hebdo : malgré quelques traits bien acérés et drolatiques sur le microcosme poétique et les stratégies, (ne boudons pas ces plaisirs), elle doit faire beaucoup mieux comme disait mon prof de lettres (on lui conseille de baisser le son des CD et une cure de Saint-Simon).
Le commentaire de sitaudis.fr La revue de Frédérique Guétat-Liviani.
Octobre 2002
4 éléments, 6 €