Palmito d'…vian de Catherine Soullard.

Les Parutions

09 sept.
2005

Palmito d'…vian de Catherine Soullard.

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Ce titre ravit, trouble et intrigue, n'est-ce pas ?
La clé en est livrée p. 46 mais il pourrait se lire
homophoniquement ainsi :

pâle mythe ô déviant

et ce serait l'ouverture d'une lecture lacanienne du texte,
qui se poursuivrait par la mise en évidence du passage juste après ce dévoilement (p. 47) :

J'obtempère.
C'est ma mère.


avec à suivre la glose sur la présence-absence du père, histoire de faire sourire un auteur qui parvient à sourire du pire et ce n'est pas le moindre mérite de ce texte très, presque trop court : il affronte l'expérience intime et de plus en plus répandue de nos jours, de l'enfant que nous restons toujours mais qui est contraint de devenir parent (c'est-à-dire protecteur et bourreau) de son parent métamorphosé, déchu en monstrueux bébé. Ce que Lydie Salvayre a tenté et lamentablement manqué dans un livre dont on parle à tort davantage, La méthode Milla(Le Seuil), Catherine Soullard le réussit sans recours à la philosophie de café ni au chromo d'actualité, par la seule force d'une écriture qui se contraint à tout dire ; c'était le plus louable programme de D.A.F de Sade mais ça ne suffit pas bien sûr, encore convient-il d'éviter tous les écueils de l'apitoiement sur soi, du ressentiment, des aigreurs et de la moraline (suivez mon regard dans la même bibliothèque...).
Catherine Soullard ne nous inflige pas non plus les ordinaires simagrées sur ses propres difficultés à relever le défi de la mise en mots et lorsqu'elle écrit...

Est-ce que ça peut se tordre, se déssécher une langue, est-ce que ça peut tomber ?

...elle ne vise pas l'allégorie, elle va direct au plus cru d'une relation trop humaine, privée de lumière, de salut, une relation depuis trente ans à un seul sens ; mais c'est bien l'écriture qui libère la prisonnière pour faire d'elle la guerrière dont rêvait son éducation.
Le commentaire de sitaudis.fr éd. calmann-Lévy
132 p.
10 €