Au pain et à l'eau de Cologne d'Adilia Lopes.

Les Parutions

19 août
2005

Au pain et à l'eau de Cologne d'Adilia Lopes.

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éditions Al Dante
Les Comptoirs de la Nouvelle B.S.
106 p.
14 €

Le poète a besoin de courir des risques et celui du ridicule est l'un des plus nécessaires.

Ce pourrait être le manifeste d'Adilia Lopes, poète majeur, heureusement présenté sur ce site par Nathalie Quintane, l'une des traductrices des poèmes dans le cadre des ateliers de traduction de la Nouvelle B.S. en compagnie de Deluy, Viton, Giraudon et Caleja.
Maria José da Silva Viana Fidalgo de Oliveira, dite Adilia Lopes, est née à Lisbonne en 1960 où elle vit et travaille. Qu'elle puise dans la grande culture poétique, dans les contes, dans l'actualité ou dans son expérience intime, elle cultive une simplicité telle que sa poésie semble immédiatement accessible et drôle, hilarante, exhibant une naïveté qui raille sans doute la posture lyrique. Mais pas seulement. Ses poèmes sont aussi des objets à penser, à méditer, à saisir, à peser ce qui d'une tradition (qu'il s'agisse de la grande poésie et/ou de la théologie catholique) peut tenir aujourd'hui, à une époque où les pauvres deviennent obèses parce que dans les supermarchés, la brioche est moins chère que le pain : et Adilia de faire le lien entre ce qu'on imagine être sa propre et paradoxale ascèse personnelle (Adilia fait le poids), et l'une de ses icônes, la reine Marie-Antoinette ; les stéréotypes de l'imaginaire féminin ne sont même pas taillés en pièces, juste montés-montrés, collés ou samplés avec une science de la juxtaposition et de la dissociation qui percutent le lecteur à grande vitesse. On pourrait penser à Stein :

Une dame a besoin de compagnie
mais une dame de compagnie
n'a pas besoin de compagnie
c'est ici que commence la combinaison
elles cohabitent au pair
comme une paire de bas nylon


mais elle ne s'inscrit pas dans cette filiation, pas plus que dans celle de ce surréalisme qui chercha à extraire le merveilleux du quotidien...(au fait, qui a rédigé la quatrième de couverture ?! Il suffisait de demander trois lignes à Quintane au lieu de quoi, l'éditeur aligne 3 clichés journalistiques inadéquats)...Ce très beau volume ne présente malheureusement qu'une anthologie, frustration de ne faire qu'entrevoir le théâtre d'ombres d'une très grande artiste : pour le moment, seul Boyer a publié deux livres d'elle en 93 et 95, toute son imposante bibliographie n'existe à l'heure actuelle qu'en portugais.
En même temps et dans la même prestigieuse collection, paraissent Electre de Nanni Balestrini (13 €) et Le bonheur sur la colline de Margret Kreidl (14 €).
Le commentaire de sitaudis.fr éditions Al Dante
Les Comptoirs de la Nouvelle B.S.
106 p.
14 €