meurs ressuscite d'Albane Prouvost par Pierre-Georges Goudiou

Les Parutions

11 juin
2015

meurs ressuscite d'Albane Prouvost par Pierre-Georges Goudiou

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Je ne sais rien d’Albane Prouvost sinon, grâce à Poezibao qu’elle est née en 1961 et qu’avant, ce livre, elle a publié il y a quinze ans aux Éditions Unes, Ne tirez pas camarades

livre dont je ne sais rien non plus.

On n’en apprend pas davantage ni sur le site de P.O.L ni dans un aucun autre endroit du web.

Albane Prouvost n’a pas de page Facebook et on se demande si elle ne truque pas ses photos.

Albane Provost est peut-être un homme, (j’écris genre est-ce important ?!)

D’emblée on remarque qu’elle utilise l’impératif dans chacun de ses deux titres, le premier s’adressant à un nombre, le second à une seule personne (sans l’orthographe du premier verbe, on n’aurait pas pu être sûr de l’utilisation de l’impératif dans les deux cas). Dans le second titre, il n’y a ni majuscule ni ponctuation

comme dans les vers à l’intérieur du seul volume auquel j’ai accès.

Il n’y a pas de quatrième de couverture, en revanche on trouve un texte très éclairant, présenté comme un résumé du livre et non signé, sur le site de P.O.L, un mystère de plus. De quoi alimenter les soupçons amusés amusants et brillants de Jean-Luc Bayard dans P.O.L nid d’espions, qui sera bientôt recensé ici même.

Ne tirez pas camarades évoque la lutte des classes, le bolchevisme et n’est pas sans lien avec la mort tandis que

meurs ressuscite

renvoie plutôt au christianisme, opium ennemi des dits camarades.

Les trois poètes dont les noms apparaissent dans ce dernier ouvrage (au même titre, avec la même intensité poétique que le glacier ou la neige), Mandelstam, Pouchkine et Khlebnikov sont russes, encore un lien avec le premier livre.

Et c’est avec Gertrude Stein que la filiation de l’auteur semble la plus évidente.

Cela dit il y a dans ces fragments de vers aux permutations presque aléatoires, à la combinatoire rationnelle quelque chose de la fraîcheur et de la ferveur d’Emily Dckinson.

Ne nous laissons toutefois pas leurrer par la féminité des vignettes (renard et clochettes), le pommier est qualifié de brusque, nous voilà tout près du lent genêt de Leopardi (vous avez vu le film ? !)

Le plus extraordinaire est que tout cela semble lié en continue, vous entraîne vers une fin dont on se demande si l’ironie l’emporte ou non sur le désir de beauté, sur le désir de bonté, tant mieux.

Cette incertitude, ce flottement sont aussi bénéfiques que le retrait de l’auteur.

Plus rare encore,  le vif plaisir de lecture que procure ce flux ; si débordant de grâce qu’on ne saurait en prélever aucun extrait.

Le commentaire de sitaudis.fr

P.O.L, 2015

64 p.

10 €