Pôle de résidence momentanée de Mathieu Larnaudie.

Les Parutions

15 août
2007

Pôle de résidence momentanée de Mathieu Larnaudie.

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Les ouvrages de la collection recensés ici, tel le Delenda Ouest de Joseph Mouton, se suivent et se ressemblent dans leurs défauts : graphisme envahissant, post-face peu adaptée même si, en l'occurrence, les considérations sur l'amitié d'Arno Bertina ne manquent pas d'intérêt mais n'ont aucun rapport avec l'ouvrage.
Sans avoir lu le livre précédent de l'auteur, Habitations simultanées dont le seul titre semble proche de celui-ci, on peut comprendre ce projet de mise en évidence des modes actuels de la domination, rhétorique et idéologique, par la présentation monologuée, à peine décalée et drôle, de programmes de canalisation et d'encasernement des "migrants", acceptés s'ils se montrent dociles, menacés de devenir vagabonds dans le cas contraire. Soit par la relation de leurs propres performances (dits d'esclaves autostimulés) soit par les effets de leur révolte dans le discours du maître, lui même constamment en démonstration d'allégeance par rapport à un supérieur. Nulle révolution à l'horizon, nulle menace pour ces Petits Architectes programmeurs et leurs axiomes-mots d'ordre , les cahiers de doléance des résidents sont souhaités et intégrés dans le système des jeux et le jeu des systèmes qui maîtrisent la totalité de l'espace.
A peine poussé dans ses excès pour susciter un sourire jaune, avec des inserts de langue plus familière, s'exhibe à l'œuvre le discours feutré d'oppression actuelle, qui se masque, fait mine de sauvegarder toujours, en dépit des violences de l'enjeu, le respect de la personne avec des objectifs presque tous avouables et le goût du jeu.
Inscrit dans la salutaire filiation qui va de Swift à Orwell, ce texte pessimiste laisse espérer, dans la potentialité ouverte de son titre, que Nicolas Sarkozy ne jouera qu'un rôle de présidence momentanée.
Le commentaire de sitaudis.fr éditions Petits matins, coll. Grands soirs
152 p.
12 €