Amanda Gorman, Call Us What We Carry par Mathieu Baret

Les Parutions

14 janv.
2022

Amanda Gorman, Call Us What We Carry par Mathieu Baret

  • Partager sur Facebook
Amanda Gorman, Call Us What We Carry

 

Au printemps des renouveaux,
Recension du Long Cours,
Imagine…

La monnaie de la pièce,
la belle roupie de sansonnet,
son orbe de silence et la majesté
innée de sa perfection décidée
indémodable et si tendance glam ?
Pourtant une boule à facette
inemployable comme elle vous dit
tout de suite Mon Garçon vous
en êtes si bellement complimenté
désarmé de toute intention d'altérité
elle vous embarque au poste et
interdiction de descendre avant
d'être arrivé sur le perron

La poésie est un art critique,
on ne sait jamais si l'on est dedans,
ici où, de multiples écoles se fanent
des nouveautés de la vague nouvelle
Américaine et qui déploie, un langage
de l'inventivité pré-joycienne et déjà
pourtant sur la trace d'un double entendre
cher aux chanteurs de langue anglaise,
cette ductilité de l’intonation des
mots qui déploient leurs affinités
par delà la syntaxe et plus richement
que des aqueux efforts, aqueux efforts
de la fixité de la langue farnçaise par ex.,
en un gerbier de présentation diverses,
Amanda Gorman favorise en un seul saut
l'ébullition ressourcée de tous les anciens
héros, attachée au soin comme une nurse
à son patio, de la chanson d'une réparation
éternelle des vœux du Président, en un
fonds demain qui ravira les sommes et
du redon comme nous y croyons tous
le regain de cette belle Californie
de toujours le bain du souvenir
d'un débarquement

"Ha! We're dead.
We are deceased.
" p.10

Quand commence la lecture ? à présent,
c'est dire si la prévention était pentue,
je lis, pour tout locuteur d'à peu près
de la langue de Shakespeare, un refrain
qui embraye sur une soif de nouveauté
- nous n'avions pas lu depuis si longtemps
que le moindre mot tambourine une chapelle
ardente de commentement, c'est à dire
de hélement, qui le savait encore
que la poésie pouvait cela, rendre
des ailes nettes au froissé des ans

Tout vestibule de bulles dialoguées dans
un cadre de genèse d'un oratorio,
menant à la diégèse des matériaux,
une forte impulsion vers une jeunesse,
la tirer dans la danse par la manche
d'un tweeto-SMS, dans une police
fleurie hélas nuisant à son pouvoir
d'assertion, le sans serif devenant
une nécessité de commodité de bigleux,
les bâtons aux pieds rendant mal,
et une nécessité là pourtant de rappeler
une histoire de chaînes et de
tous les maux de la Terre le noyau
dedans le corps des lettres à serper
travers le rai d'un verre tranchant
les attaches aux vers les restituant
à la nudité de leur intention - ici
savoir si un éditeur n'aurait pas
eu l'inconscient coup de sabot
de l'âne de consciemment suggérer de
rappeler à chaque page ce piétement ?
Je te jure que nous les aurons

Mark none then ?
Matter not ?
Explain ?
Fulfil duty
Of yours.

Le chemin du décillement
dure et grave, et le hennissement
au matin du réveil de ces lieux,
de toute la côte entre les deux
villes du malheur de ces transports
là, le souvenir de toujours dans
la vie de chacun, un mémorial
ou deux, en chaque cellule de
tout corps étant, ou bien :

"Kids, unmark this place.
Leave it nothing
Like the one we left behind.
"

Le cri toujours près des lieux,
l'amour exclusif et fermé à ton
Blanchot, une écriture le moment
livre en main d'enlever la feuille
de soin de l'impression première,
le bleu de Namibie au lettrage d'or
en main, sans nom, juste un appel
sans nom

"The tip of the teeth.
Our heart have always
Been in our throats.
"

p.12
Parlons de la Fuite d’Égypte,
pas une même mémoire et ce conflit
infligé à une Dida par exemple,
quand il n'y a pas de place
pour une différente teinte de bleu,
là Bach intervient dès le titre,
une toccata, le sceau des cieux
s'ouvre béant, l'adresse sans appel
première :

"Don't get us wrong.",

suivi d'un chandelier vibrant
d'honneur aux nuanciers de gris
dans le ciel des levrauts :

"We do pound for what has passed,"

Les suites cinéraires personnelles et générales, une anthropologie, des calligrammes, des jeux, l'histoire d'une déclassification, un gyrophare d'incitation permanente, des ponts et des coups de poing de boxe, le bonheur d'une table de café au soleil, comme de la fièvre lectrice acharnée de la couette, de nombreux thèmes de cette profonde bise de froid et chaleur des foyers, le retour du genre de poésie qui est distribuée dans les aéroports, le bouleversement dans le temps décalqué des têtes attablées, dès le premier mot le bain définitif dans l'Histoire, pourtant critiquée et tenue à distance encore avec respect et modularité, puis encore la gémellité de s'y sourcer comme, la suite n'est pas indéfinie mais portant sur des gloires justement adressées à des supports de diffusion horodatés, un catalogue futur de telle renommée qu'il faudra s'en fâcher de l'avoir dit si fort, puis mon tour de Nantais comme un Bordeaux sera retenu pour le cas, que lisons-nous dans les visages de cette Amérique tant aimée, sinon le coup d'en être à jamais accaparé, et qui sont exactement les mêmes, dont nous en fumes accablés. Une lecture pour les jeunes et les vieux, mais attention pas de lyrisme ici qui ne soit déjà universalité par l'atour, une sonorité comme sororité y carillonne, le double jeu du son et du sens, dans la maîtrise jusqu'à la diction d'une enfance reprise, le tintement des détails par delà les appariements souvent surjoués, une sorte de bible comme l'on dit de cinéma ou de chanson, le timbre à tenir des futuribles.

 

Le commentaire de sitaudis.fr

Viking, New York, 2021
228 p.
19€


Retour à la liste des Parutions de sitaudis