anonymat et autobiographie d'Adilia Lopes par Pierre-Alain Goudiou

Les Parutions

12 avril
2008

anonymat et autobiographie d'Adilia Lopes par Pierre-Alain Goudiou

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+
  • Google +1
Figurant depuis quelques années déjà parmi les (trop peu nombreux) poètes étrangers que nous présentons sur ce site, grâce à la publication d' op-art accompagnée d'une traduction de Nathalie Quintane,Adilia Lopes est loin d'être une inconnue des poètes francophones.
Ses livres traduits en français sont pourtant rares, deux chez Boyer en 93 et 95 puis Au pain et à l'eau de Cologne, paru en 2005 chez Al Dante.
Nathalie Quintane voit bien la charge anti-lyrique de cette œuvre majeure et Henri Deluy évoque justement son incorrection appliquée ... contre le poème des traditions ontologique ou maïeutique .
Ce joli livre trop bref donne accès à des poèmes drôles et tendus, cultivés (Kleist, Mallarmé et Pessoa cités ou questionnés) et simples, inventifs ou jouant du banal avec ironie, abstraits et concrets, tenaillés par l'obscène et catholiques, faciles à lire et impénétrables.
Elle travaille le sot comme le saut.

L'adjectif
gâche tout
(tout
est le substantif)

L'adjectif
nomme
parce qu'il est mauvais


Elle manipule des martiens, des princesses, un supermarché, un chapelet, une professionnelle des pratiques saphiques et ses très familiers cafards.
Ce que de la tradition poétique elle ne piétine pas, c'est une passion folle et inquiète des relations, passion qu'elle communique au lecteur avec et contre sa théologie ; elle pourrait être la grosse réincarnation de Thérèse d'Avila et Simone Weil, drôle et moderne : privée de château intérieur comme de grâce, elle croit avec raison à la résurrection des livres.