Hélène Bessette presque oubliée ?

Les Parutions

27 déc.
2005

Hélène Bessette presque oubliée ?

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Il n'y a pas de parution de livre d'Hélène Bessette (1918-2000), pas d'actualité éditoriale, pas de commémo en vue avant une bonne douzaine d'années, cette présentation se fera donc sans cette sorte de prétexte, supériorité du site sur la presse .
Ci-contre la couverture de La grande balade , dépôt légal 1961.
Entre 1953 et 1973, Hélène Bessette a publié 13 romans chez Gallimard dans la collection blanche. Parfois avec difficultés. Est-ce le souvenir laissé par des rapports de plus en plus tendus ? son regard ironique sur le travail de Sollers ? dans cette maison même, on semble peu enclin à diffuser cette œuvre majeure.
Seul l'ouvrage La route bleue, apparemment situé dans une tradition mieux repérée, semble actuellement trouvable en librairie !
RIEN sur le site de la Fnac, même sur les sites de libraires spécialisés dans la recherche de livres épuisés, on trouve peu de choses (2 titres sur amazon.fr).
Sur le web, il y a un unique site créé par Julien Doussinault :

http://www.lnbessette.com/

On y trouve la seule bibliographie du Web (les signets de la BNF et Fabula y font référence) mais pas de biographie ; de regrettables fautes d'orthographe dans la retransmission de deux passionnants entretiens avec Jean Paget.
LNB7, comme la nomment affectueusement certains admirateurs, a pourtant bénéficié de la reconnaissance de la plupart de ses pairs, de Queneau à Duras en passant par Dubuffet qui se déclare l'un de ses trente lecteurs et pourtant, elle est aujourd'hui presque oubliée, scandale !
En dépit des efforts de Claude Royet-Journoud, de quelques bons libraires (dont Litote en tête ) et d'autres grands fervents lecteurs, elle n'est actuellement que très peu lue, bien trop peu y compris d'écrivains qui lui doivent beaucoup sans le savoir : or, s'ignorer débiteur en art, se paie très cher.
Philippe Beck admire et recommande Suite suisse (1965).
Nicole Caligaris, à propos d'Ida ou le délire (1973) évoque des phrases coupées comme des vers et taillées comme des flèches en silex. Mais avec une rigueur...
Pour ce que l'on peut en dire ici en peu de lignes, afin de susciter de nouveaux désirs, mettons qu'Hélène Bessette ait trouvé une singulière voie d'émancipation du récit romanesque par l'abstraction non lyrique.
C'est un peu sec, mieux vaut citer un extrait du livre mentionné en tête de cette note, p. 127-128, au risque de recevoir du papier bleu de cet éditeur qui fut grand :



Fin.
Le personnage Emilie se trouve après le mot fin.
Ou plutôt le mot "fin" se place à la première page du roman.
C'était une fin.
La vie établie la vie apprise qui s'est terminée à la première page. A fait place à la vie non établie non apprise.

...

Son personnage de rêve en quête de réalité.
A la page 116 se permet d'émettre une opinion.

Le commentaire de sitaudis.fr Un auteur majeur à découvrir.