111 points de contrôle de Bruno Fern par Alain Hélissen

Les Parutions

23 sept.
2007

111 points de contrôle de Bruno Fern par Alain Hélissen

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De la langue qui compose les livres, peu d'écrivains songent à lui faire passer un contrôle technique. On ne s'étonnera pas, alors, qu'elle puisse essuyer des pannes, avoir des fuites dont on cherche vainement l'origine. Pour son premier livre Bruno Fern a pris soin de vérifier minutieusement l'état de cette langue, en la soumettant, excusez du peu, à 111 points de contrôle. C'est sans doute exagéré. Mais l'examen a le mérite de livrer quelques constats désopilants, par exemple :

la langue aussi a son frein mais le plus souvent elle n'appuie guère dessus et fonce sur le premier venu.

…lément par élément, Bruno Fern construit ici comme un texte à tiroirs. Il en rassemble les parties sans notice d'assemblage en admettant un résultat un peu décousu tant la langue qui fourche qui fourgue des mots souffre de failles en son système. Et ces 111 points de contrôle sont autant de petits pavés disséminés, malgré leur numérotation, dans un imbroglio indéfinissable, sens devant derrière et inversement. Pas de « colonne vertébrale », donc, à quoi se rattacher pour donner corps au texte, mais une forme avouée d'égarement ou d'errance. L'auteur dresse en fin de volume une liste « d'emprunts » à quelques poètes, que l'on retrouve discrètement - et savamment - mélangés aux vers. Il se tient quant à lui à l'écart, c'est-à-dire dans les mots, ceux dans lesquels il tombe comme l'autre dans la potion. Et s'il voudrait la tenir la syntaxe en faire du solide (... ) le vers se dérobe et n'en finit pas dans la phrase de créer de l'espace. Les 111 points de contrôle, on l'aura compris, sont probablement plus nombreux encore.