Une oreille de chien de Nathalie Quintane

Les Parutions

01 déc.
2007

Une oreille de chien de Nathalie Quintane

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A un premier niveau, ce texte est une méditation citoyenne et désopilante, bien que citoyenne, sur la citoyenneté dans une ville française moyenne, reconnaissable parce que particulière mais semblable à toutes les villes moyennes de la France qu'on a dite moyenne ou profonde : l'humour dissimule plus de rage que de désespoir contre cette violence tranquille de l'oppression au quotidien.
C'est aussi un exercice de style extrêmement drôle et brillant sur la métonymie et le détail, sur le maniement, la manipulation de l'anecdote dans la littérature ; et là, la connivence instaurée avec le lecteur sur la technique d'écriture elle-même, poursuit le travail engagé par Diderot, vers toujours plus de lumière et de délicieuse cruauté.
Cela suffirait à faire un grand livre mais la fin, qui aurait suscité le rire de Kafka (lui seulement), inquiète, harasse et agite les méninges herméneutiques les moins excitables dans pas mal de directions, si bien que tous les (nombreux) imitateurs de Quintane vont être bien embêtés : peut-on la suivre dans un tel labyrinthe ?! Elle se retourne, la voilà chinoise !
Un livre court et illustré, un auteur qui s'engage (?!) et se surprend lui-même, de la très bonne littérature et un très grand plaisir de lecture.
Le commentaire de sitaudis.fr vu par Nelly Maurel
les éditions Le Chemin de Fer (2007)
53 p.
15 €