Gilles Amalvi - Bruit gris par Jean-Claude Leroy
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Autant qu’écrivain ou poète, Gilles Amalvi est créateur sonore et critique de danse, outre divers textes en revues, il avait notamment publié en 2005 Une fable humaine (éditions Le Quartanier), et voici qu’il a rédigé avec Bruit gris une turbulente partition qu’on entend résonner de toutes parts dans les pages de son livre, une suite de textes pour la voix, la scansion, la colère, à travers la mise à poil d’un régime quotidien peu soutenable. Pour dire les temps qui courent et nous enserrent. Hautement convulsifs, les vers sériels d’Amalvi crachent le constat qu’il fait d’une tyrannie insistante où se débat l’individu qui ne sait se déprendre. Sauf quand le corps n’en peut plus, et qu’alors il se défend et s’enrage, et bruit, et danse. « le corps on l’a laissé danser mais il s’organise » Dans une invitation à ne plus s’y laisser avoir, à se révolter physiquement, de toutes ses forces intérieures, quoique probablement sans agir. Contre quoi exactement ? Tout cela, un bruit gris, auquel il faut répondre par son propre bruit gris. Bruit gris, dit-il, c’est « une rumeur d’intensité constante ».
Pour cette « aubade » réitérée, puissante des mots de Gilles Amalvi, ici chef d’un chœur souterrain, qu’on entend comme martelés dans la nuit d’une Metropolis généralisée, « il n’a pas de porte-parole / tout le monde parle en même temps dans une seule bouche et sans cligner des yeux ».