Destino Robinson, extrait par Rosine Inspektor
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29 octobre, 15h30
À Sceaux par la vitre j’aperçois un bibliothécaire
de Fontenay en compagnie de sa mère ( ?).
Devant moi, dépassant du siège
le crâne mince et très dégarni
d’un homme vraisemblablement jeune.
À quoi voit-on la jeunesse d’un crâne,
de deux oreilles et de quelques centimètres de joue ?
On la voit
presque autant qu’à l’éclat d’un regard,
d’un sourire, à la fraîcheur d’un visage,
mais elle est plus difficile à décrire.
Une femme s’est assise à côté de moi,
sa fille en face – cinq ans ?
a des tresses, sa mère aussi,
mais plus longues et décolorées.
Elle a aussi comme une épingle à nourrice
piquée sous le nez.
Plus loin un jeune homme s’entretient avec des adolescentes
de son chien (présent).
Ce doit être un petit chien tout mignon,
mais je ne le vois pas.
Cette discussion a l’air absolument passionnante,
pour une fois que des inconnus se parlent,
c’est un micro événement
sous le soleil d’automne.
En fait c’était un grand chien beige –
je l’ai vu en sortant.
Dans les couloirs Raphaëlle Giordano m’a souri,
une main posée sur la hanche,
en robe moulante, telle
une hôtesse de bar à cocktails.
Sur le quai un homme à jogging rouge dépareillé arpentait le quai,
une fille tout en noir traînait sa valise.
Sur la ligne 4 on pourrait faire un tableau,
la lumière est inspirante.
J’aime cette ligne,
mais moins quand la foule entre à Montparnasse.
Let me out.
