Davantage de Magellan par Daniel Farioli

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

Davantage de Magellan par Daniel Farioli

  • Partager sur Facebook
  • Partager sur Google+
  • Google +1

 

 

Suppose que nous cherchions de nouvelles lois.

 

Suppose qu’assis au bas des marches d’un perron infini

Nous bavardions, en regardant tout ce qui existe partir en fragments.

Fragments.

 

Les fragments pulvérulents du texte d’un oracle.

Ce texte pourrait nous convaincre que nous ne voyions pas le temps passer.

 

           Emportés

Par nos variables incertaines, ou par le va-et-vient des Magellan,

Et davantage de Magellan.

 

Suppose que tous nos maux soient des bouts, en double hélices,

De Magellan,

Par Multiples et par Multitude.

Oui, suppose de façon arbitraire,

Qu’autour de ce golfe, le vide, depuis son élan, n’arrête pas le débord de nouvelles propositions :

Des fruits dégoulinants ou des queues de sirènes imperceptibles.

 

Suppose encore – rien ne l’interdit – que le fond du bruit des choses ne soit pas une agonie,

Mais le murmure de l’inventeur modeste et génial d’un haut-parleur Spécial.

Suppose enfin que l’inventeur modeste et génial, ne désire rien d’autre que de venir s’asseoir, ici ou ailleurs,

Supposer

Avec nous, ou d’autres,

De choses d’abord insoupçonnables.

 

Tous, tranquilles, un soir d’été,

d’avoir eu lieu,

Sous les étoiles.

Suppose que nous ne soyons plus arrogants,

Mais que nous nous rappelions, les comètes déviantes,

Les très vieux récits du détroit des Dardanelles,

Et ceux de la vente au kilo des montres de gousset.

Suppose, qu’aucun d’entre nous, ne prenne

L’assoupissement de l’un d’entre nous pour de la naïveté.

Suppose que nous parlions, sans rire, du Voluptate

De Lorenzo Valla.

 

Suppose enfin que pour terminer ce moment quantique,

Une étrave Magellanique nous écrase en purée.

Suppose que malgré notre fin, tout ce qui va advenir soit

Insoupçonnable :

Des satrapes nigauds déguisés en femmes jalouses.

Présume de n’être plus assis sur ton mauvais sort,

De ne plus avoir besoin de t’arracher ton âme,

Là sur l’escalier, patient,

Sans que les ronces rampent,

Sans que les vases rompent.

Présume des feux follets et des madones

Andalouses, alanguies, en sueur, sur des tabernacles.

Présume de leur sucer un sein – l’autre.

 

Présume que nous cherchions de nouvelles lois.

 

Présume qu’assis en bas des marches d’un perron infini,

Nous bavardions en regardant

Tout ce qui existe partir en fragments.

 

Fragments :

Les fragments impairs du texte d’un oracle.

Présume que nous ne voyions pas le temps passer,

Emportés – nous le serions –

Par des variables incertaines,

Ou par le va-et-vient des Magellan.

Et davantage de Magellan encore.