Mary Ventura & le neuvième royaume de Sylvia Plath par Christophe Stolowicki

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06 juin
2019

Mary Ventura & le neuvième royaume de Sylvia Plath par Christophe Stolowicki

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Ce qu’est le neuvième royaume, où le train vous emmène à votre corps défendant parce qu’on a « acheté son billet », un train sans retour parce que telle est « la règle de la compagnie ferroviaire », un train où tout est simple, confortable, où l’on descend plein nord dans les entrailles glacées de la terre – on l’a vite compris. Cette nouvelle inédite de Sylvia Plath, écrite à vingt ans par une étudiante en lettres surdouée et studieuse (composant des villanelles à son cours de chimie), poète depuis l’âge le plus tendre et qui a déjà été publiée, est refusée par l’éditeur parce que trop sombre.

 

Un an après Sylvia tentera de se suicider, réchappant par haute chance. À trente-deux ans, divorcée de son amour, elle ne se manquera pas.

 

Contrôleur loquace et gardes armés, un climat kafkaïen. Une simplicité de comptine, de fantastique minimal. Une méticulosité de romancière consciencieuse (celle qui écrira The Bell Jar, traduit comme La cloche de détresse, textuellement la cloche à ébranlements, un roman autobiographique relatant notamment ses séances d’électrochocs), un suspens rompu, dépendu – une vélocité de poète. Un happy end inespéré peu probable, l’émergence des abysses par un escalier en spirale à bribes d’épreuves initiatiques de rien – l’inconsciente montée érotique des rêves qu’insuline et électrochocs absorberont.