Pierre Parlant (coll.) par Jean-Marc Baillieu

Les Parutions

03 févr.
2019

Pierre Parlant (coll.) par Jean-Marc Baillieu

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Prose bâtée paraît en 1999 (L’entre-dire éd.), premier livre officiel de Pierre Parlant (né en 1957), ce titre-là est un sésame pour qui ouvrirait pour la première fois un ouvrage de Pierre Parlant. C’était pendant l’aventure de sa revue Hiems (1997-2003) qui, méconnue, inscrit dans la durée les pertinents sommaires de ses onze livraisons, à rebours de quelques obsolescentes revues à l’épate qui firent long feu et pourtant signalées par l’anthologie de poésie Flammarion d’Y. di Manno et I. Garron (2017) qui ignore et Hiems et Pierre Parlant, alors qu’elle cite trois fois une revue née en 2013 animée par Jean de Schrynmakers (dit Daive), donc hors de son champ temporel borné à 2010… : si elle peut faire référence, cette anthologie ne peut faire autorité, d’autant que survalorisant la collection dirigée par Y. di Manno et l’œuvre de celui-ci. Passons. Il est donc louable et remarquable qu’un récent Cahier de la Coopérative des littératures (Nous éd.) salue amplement le parcours de Pierre Parlant au gré d’un entretien en trois temps (Logopeia, Phanopeia, Melopeia) avec Emmanuel Laugier qui dirige un ouvrage juxtaposant judicieusement extraits d’œuvres du poète et onze regards sur celles-ci, onze angles d’attaque permettant une approche multiple du dérangeant travail d’écriture de Pierre Parlant. Yann Miralès, Jean-Patrice Courtois, Emmanuel Laugier, Arno Bertina, Benoît Casas, Anne Malaprade, Arnaud Vilani, Charif Majdalani  apportent ainsi leur pierre à l’édifice, non pour statufier un Commandeur, mais pour mettre en exergue les nombreuses qualités du remarquable chemin d’écriture d’un  poète qui est (aussi) philosophe de formation, d’où une certaine relation certaine à la langue, au langage qu’il soit littéraire, iconographique (voire cinématographique) et musical (oratorio en cours avec Jean-Michel Bossini). P. Parlant a pratiqué le film (une dizaine de vidéos à son compteur), photographie (clichés ciblés parcimonieusement présents en ses livres) et son réussi Cahier des Légendes proposé ici confirme l’acuité et l’horizon ouvert, réfléchi et critique d’un poète qui a su multiplier à bon escient les expériences scripturales et éditoriales auprès d’artisans-éditeurs (chacun exigeant dans sa singularité) comme le prouve sa bibliographie. Voilà donc un ouvrage qu’on ne saurait ignorer, source et ressource pour découvrir peu ou prou l’œuvre de Pierre Parlant riche d’une vingtaine de « propositions » à lire, ou à relire à la lumière de ce Cahier.