Nanjing's Writings, I par François Couret

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

Nanjing's Writings, I par François Couret

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C'est Ponge qui parlait écrivait dans son texte « l'Orange » a propos de cette « Explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs » cette « qualité différentielle » -bouquet chinois finalement- ressentie dans l'espace du paysage citadin en mouvement pâle et blafarde réverbération d'une flottante fadeur lumineux Nankin où l'objectif demeure maintenant de retrouver aujourd'hui une ligne un trace -au cœur de cette turbulence dynamique de la ville- retrouver un point d'origine le début et la fin de ce point dans un temps un espace une dimension différente -hors du récit de voyage-descriptivo-exotico-maniaque- une épreuve de l'étranger donc face aux signes indéchiffrables barrière linguistique obstacle positif Deleuze restant comme point d'appui encore-toujours pourtant évoquant la ligne de fuite (« La grande erreur, la seule erreur, serait de croire qu'une ligne de fuite consiste à fuir la vie ; la fuite dans l'imaginaire, ou dans l'art. Mais fuir au contraire, c'est produire du réel, créer de la vie, trouver une arme ») L'avalanche l'inondation le flux et le reflux de l'image- et ce bavardage permanent incessant- sur communication toujours présente aliénante - qu'elle soit orale ou écrite (« eau propre eau sale ») ne change`malheureusement rien- tout cela ne concerne en rien la poésie, surtout paradoxalement ne donne pas'' prise' , suspend la sensation dans ce qu'il faut bien nommer un insaisissable de la relation pourtant présente ici- maintenant air vital cendre souffle dans l'élan la pertinence constructive discussion sous l'amical l'arbre chinois sur Xi Qiao gardien souverain des projets tremblants encore au carrefour de Hunan Lu avant que le monde ne devienne un vaste secrétariat savoir se re-accrocher a une arborescence émonder les copeaux de la bêtise mondialisée crever l'écran enfin savoir faire de la simplicité une pratique de chaque jour.
L'intraduisible faisant loi désormais mouvement au centre de l'écoumène mouvement reprenant souffle mouvement comme respiration possible lenteur retrouvée force motrice force du sens Relisant Maldiney : « La poésie se lève en elle-même comme le réel à partir de rien » Ce rien entraperçu un soir suspendu a une bicyclette comme il y'en a des milliers a Nankin quelque chose -bleu- vieux chiffon ou tissu déchire
Dans la course nocturne, le mouvement citadin la précipitation l'éclat silencieux de cet insolite : un lent et profond écho -fulgurance saisissante- avec le paysage ambiant
(le jour endolori se couche soir marin ondulations crépusculaires) Matière pauvre et sans reflet mouvement approximatif faisant resurgir en un lent tremblement les lumières de la ville phares lactés néons toujours... écrans géants lisses trop lisses profusions de fluorescences hautes technologies Une échappée sur la matière donc-toujours - le parfum surtout parfum numérisation impossible - quasi palpable du haut de la montagne Zijing -ë'shan'' arômatique- j'ai eu l'impression fugitive qu'un dépassement de la représentation pouvait s'inaugurer qu'il est quand même possible de marquer enfin un instant de vraisemblable dans le temps


Aussi gloire a toi NiZan ! dirige vers toujours plus de simplicité
de dépouillement surtout cette réappropriation de l'espace intime paysage vital au cœur de cette sensation roborative secousse de tous les sens que procure toujours le voyage Et pourtant Claudel m'ennuie J'ai encore du mal à comprendre le lyrisme de Segalen pourtant ce qu'il dit écrit dans l'une de ses odes ne peut être que juste ce questionnement toujours valable dans l'une de ses odes : « Où est le sol, Où est le site , où est le lieu - le milieu, où est le pays promis à l'homme ? »


Voici alors ce rêve où perche dans les branches d'un arbre géant dans le parc de Gulin a proximité de l'Université des arts approfondissement de cette perdition car je ne retrouve pas mon carnet dans lequel d'habitude je note tout c'est un garde rouge qui me le remet en riant à l'intérieur il tombe sur des mots simples il veut que je lui apprenne comment nommer et prononcer les quatre saisons en français« printemps » « été » « automne » « hiver » C'est alors le grand réveil


Nankin, mai 2005-05-17

Le commentaire de sitaudis.fr De notre correspondant à Nankin, l'un des plus jeunes auteurs du site.

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