nous sommes obligés... par Fred Léal

Les Poèmes et Fictions, poésie contemporaine

nous sommes obligés... par Fred Léal

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nous sommes obligés d'immobiliser le moindre objet. comment ? vous ne me croiriez pas. avec du velcro, tout simplement. le moindre courant d'air dans l'habitacle jette votre paquet de clopes à la dérive. vous pouvez vous endormir sans que votre voisin s'en aperçoive. votre tête se tient droite en toute circonstance. il faut dire la vérité. mon épouse ? une vraie furie. un zouk, toubib ? tu as bossé cinq ans d'arrache-pied. tu rentrais à onze heures sans m'adresser la parole. quand je t'ai demandé des comptes, tu m'as dit. chut. tu m'écoutes. tu m'as dit je suis coincé par la concurrence. si je décroche ce contrat sur arianespace, nous jouerons aux dominos avec les gosses devant la cheminée jusqu'à la fin de notre vie. peint en couleur aluminisée pour que s'écoulent les charges électrostatiques générées par le frottement. je savais (je te l'avais dit) : qu'est-ce que tu crois, que tu vas siffler en travaillant sur un projet d'une telle ampleur ? soit gérard t'es un lapin de six semaines, soit dans la salle de contrôle du bâtiment jupiter les écrans de télé montreront des visages consternés. j'avais raison, gérard. qui récupérera en souvenir le panneau inscrit ariane quand la sangle qui tient ces éléments sera retirée au décollage par le mouvement du lanceur et qu'ils voleront en éclats autour de la fusée ? les enfants en ont marre de jouer avec moi. où est le gremlin narquois ? c'est pas juste. rappelle-toi, tu mâchais du ris de veau et tu parlais la bouche pleine : mes collègues patati, mes associés patata, là-bas ils font les quatre cent coups. ils baisent à droite et à gauche. rappelle-toi. le sida de marc dessaule. c'est des abrutis. tu te souviens c'est des abrutis la bouche pleine de ris de veau? plouf entend l'équipage chargé de récupérer le premier étage.
Le commentaire de sitaudis.fr (extrait de Selva)