Fractale, de Cartographie Messyl par Christophe Stolowicki

Les Parutions

14 mai
2022

Fractale, de Cartographie Messyl par Christophe Stolowicki

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Fractale, de Cartographie Messyl

 

Déchiquetée mais comptable de ses temps forts, fractale. Aux algorithmes qui sévissent opposant sa rythmique fractale. Lisible par fragments, tessons en unisson.

On lit aussi joyeusement la photographie de couverture signée Olivia HB – les trois temps d’une fleur coupée dans un verre – non hébraïquement mais de gauche à droite, rose ou coquelicot fané(e) reprenant vie – littéraire.

Au sous-titre (« et j’ai le ventre rond de toutes ces enfances »), suggérant tout l’accomplissement pluriel de la femme – la poésie enfle sa voile, lève son grand foc, de tous ses sucs promettant tous azimuts.

Quant au quatrain si peu quaternaire de la quatrième de couverture (« Je suis le verbe / Le corps en verbe / Pas de terminaison / Aucune conjecture »), quel meilleur hommage, ouvert et sitôt refermé, à la littérature l’incréée, notamment poésie, sinon peut-être Bientôt (le livre) de Jean-François Bory, au plus mallarméen de sa jeunesse le pendant de jeunesse de l’accomplissement en coda de son modèle.

Et (mais) bientôt (alléché on entre dans le texte), l’explication du texte qu’est (hait) l’auteure : « je suis le garçon que ta mère voulait / Tête par-dessus cul chevauchée dans la surface de séparation / C’est il / Je mange les algues », la chute en trivialité qui élève du vrai à hauteur d’homme-femme, ce ventre toujours rond de cyclope fondamental, d’homme intégral avant sa division au Banquet de Platon dans la bouche d’Aristophane.

Car ce livre est gai. Trivial mais gai, de chute en chute. Dommage qu’il soit aussi trivial tout du long (« le passé du pater m’a flinguée […] À midi c’est enfin que je me l’envoie – à sa place – dans ma tronche / ce poème éraillé »). On comprend bien que ce n’est que coups de botte en touche, défaite sur fête (pas de la pensée, qui paon s’épand ocelles coupées, alibis d’Ubu) – cette gouaille en guise d’authenticité freine des deux pieds, et du ventre, notre adhésion au texte.

Peut mieux faire, aucun doute, ce premier livre l’atteste, à bribes de substantiel.

Le prénom géographe place la barre très haut et bas, à étiage de poème.

Et je salue cette jeune maison d’édition, intempestive à temps difficiles, incitant ses auteures à se mutiler, qui du prénom, qui du patronyme. L’éditeur en tant qu’auteur ne s’inflige pas cette épreuve. Egos inégaux, qu’il me pardonne ce mauvais jeu d’aime ô. Même si la poésie doit être (dé)faite par tous.

 

 

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