La préparation du roman de Roland Barthes par Jean-Marc Baillieu

Les Parutions

09 mai
2019

La préparation du roman de Roland Barthes par Jean-Marc Baillieu

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D’abord citer : « Pourquoi est-ce subtil ? Parce qu’il y a un renversement du réel et du tableau. Il y a donc une agilité et une subtilité. A partir de quoi on peut peut-être comprendre que la Poésie en particulier serait la pratique de la subtilité dans un monde barbare. D’où la nécessité aujourd’hui de lutter pour la Poésie : la Poésie, je dirais, devrait faire partie des Droits de l’homme ; elle n’est pas « décadente », elle est au contraire subversive : elle est subversive et vitale parce que précisément elle est ce qui est visé par la grégarité, par la barbarie, par la forclusion des nuances, des particuliers, des individuations (et non pas des individus). » Oralité transcrite d’un enregistrement de la séance du 27 janvier 1979 du premier des deux cours sur « La Préparation du roman » donnés par Roland Barthes au Collège de France entre fin 1978 et début 1980, cours interrompu on le sait par la mort, cours dont une première édition (2003) fut proposée à partir des notes de R.B., et celle-ci, la seconde, en 2015 et qui vient de paraître en Poche, en transposant les enregistrements, ce qui permet, au-delà du précieux propos, d’apprécier le flux didactique, la parole digressive, clarificatrice, non mandarinale, la réflexion intense et subtile d’un R.B. qui s’interroge sur les conditions d’écriture, à partir du haïku, d’A la recherche du temps perdu, et de quelques autres.

Puis, au fil du livre, relever des mots-clefs : fantasme d’écriture, « comme si », « le-temps-qu’il-fait », la nuance, instant et souvenir, mouvement et immobilité, contingence et circonstance, perception, affect, émotion, discrétion, « effet de réel ou plutôt de réalité (Lacan) », la division du réel, la co-présence, clarté et limites du haïku, la notation : pratique et niveaux, « la vie en forme de phrase », quiddité (Joyce), vérité (Proust), désir d’écrire, espoir d’écrire, imitation, inspiration, «ceux qui n’écrivent pas », écrire comme tendance, « avoir fini », ne pas écrire ? : sabordage, « oisiveté », savoir, bricolage, rien, wou-wei (absence d’intention), « je vaux plus que ce que j’écris », méthode, simulation, récit, le choix – le doute, le contenu, « l’œuvre comme forme fantasmée », le livre, l’album, l’enjeu, indécision et nécessité, talent, patience, la vie comme œuvre, l’œuvre opposée au monde, casuistique de l’égoïsme, régimes – maison – nuit, solitude – horaires – grand rythme, praxis d’écriture, démarrages, crises, « ça prend », freinages, séparation, archaïsme (et désir), désuétude, exil, surmonter, désir.