Très-Grande Surface d'André Benchetrit. par Frédérique Guétat-Liviani

Les Parutions

26 juil.
2004

Très-Grande Surface d'André Benchetrit. par Frédérique Guétat-Liviani

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Les marchandises peuplent la surface du livre. Elles parlent au singulier.
Elles sont nombreuses et cohabitent dans l'union sacrée du commerce.
Emballés sous vide, les stocks sont séparés. Jamais ils ne se mélangent. Pour survivre, il ne faut pas s'attacher. C'est pourquoi l'emploi du pluriel est déconseillé.
Enfermés dans la Très-Grande Surface, on ne s'en tire pas comme on veut.
L'entrée et la sortie sont sécurisées. La Très-Grande Surface est partout, elle n'a ni début majuscule ni point final. Pourtant, elle ne contient rien d'autre que sa superficie.
Au fond, il n'y a rien, les marchandises qui tentent de s'échapper remontent toujours à la surface. Pas de rues, pas d'avenues, juste des rayons, un revêtement lisse. Rien ne doit adhérer, les marchandises rebelles sont promises au dérapage.
Elles finiront entre les mains d'enfants cruels qui n'ont rien d'autre à vendre que leur peau. L'auteur est chef de gondole, nous le suivons. Technicien de surface, il nous entraîne. Marchandise comme lui, nous ne nous faisons pas d'illusion sur notre date de péremption.