Voyages à Saint-Maur de Jean-Louis Giovannoni par Matthieu Gosztola

Les Parutions

09 févr.
2014

Voyages à Saint-Maur de Jean-Louis Giovannoni par Matthieu Gosztola

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Saisir les choses par leur centre

 

Voyages à Saint-Maur tourne autour du 23, avenue Jean-Jaurès, à Saint-Maur-des-Fossés où vivait la mère de l’auteur, « dans un studio (fin des années 50, début des années 60) avec son chat Pompon et deux poissons rouges ».

 

 

 

 

 

Giovannoni se sert du souvenir pour

Atteindre

La fulgurance

 

Plurielle

 

Non pas revivre l’intensité d’instants

Chus

Du panier incompréhensible dans sa forme

Et dans son contenu du

Présent mais

Exhausser par l’

Écriture

Des instants rendus à leur vie

Première

Par la mémoire

 

: « Dans de grands aquariums parmi les remous d’une eau transparente, au sol, plantées dans le sable, des cathédrales englouties, des scaphandriers et des coffres emplis de trésors d’où s’échappent de fines bulles aussitôt attirées par la surface. »

 

Les mots, dans leur agencement, fondent

Une musique

Par quoi

Revient

                              Je reviens, tu reviens, il / elle / on revient, nous revenons, vous revenez, ils / elles reviennent

L’odeur

Des choses vécues

 

: « Son parfum est devenu mon odeur. Dès la première goulée, elle s’est glissée comme un vêtement sur mesure. Et chaque endroit ordonne. Met ses corps au diapason. »

 

L’odeur du monde

Son grand corps

Qui nous contient

Et que parfois on

Effleure

 

: « L’air est un tissu épais où s’échangent les respirations. Les visibles, les discrètes. Mes poumons reconnaissent à la première goulée l’air de Saint-Maur, de ce quartier. Avec son arrière-fond de jardins mouillés, de terre entourée d’eau. De murs humides. D’arbres saisis par leur centre. Condensation qu’exhale le moindre rayon de soleil. / Dans ma poche, un bonbon à la menthe. »

 

Et puis

Il y a les

Bruits

 

Tous ces bruits

Qui nous res

Suscitent

 

Nous sortent

De nos humeurs

 

: « Un peu plus loin, les oiseaux […]. Leurs chants accompagnent chacun de mes pas. Au loin, la colère du chien devient houle, simple écume venant mourir sur la proue de ma casquette baissée, frayant vers d’autres aventures. »